Les dirigeants des groupes S&D, Renew Europe, Verts/ALE et La Gauche au Parlement européen appellent tous les partis démocratiques européens « à rejeter toute normalisation, coopération ou alliance avec les partis d'extrême droite et radicaux », dans une déclaration publiée mercredi 8 mai.
Cet appel s’adresse notamment à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et candidate de la famille chrétienne-démocrate européenne, qui n'avait pas écarté la possibilité de former une majorité au Parlement européen sur sa personne qui inclurait certains éléments issus du groupe souverainiste CRE, lors du débat électoral de Maastricht (EUROPE 13402/17, 13406/11).
« Nous attendons [de tous les partis démocratiques européens ] qu'ils l'incluent formellement et sans équivoque dans leurs manifestes électoraux et les déclarations de leurs partis », ont-ils souligné.
Les signataires - Iratxe García Pérez, présidente du Groupe S&D, Valérie Hayer, présidente du Groupe Renew Europe, Terry Reintke et Philippe Lamberts, coprésidents du groupe Verts/ALE, et Manon Aubry et Martin Schirdewan, coprésidents du groupe La Gauche - condamnent fermement la récente attaque brutale contre le député européen Matthias Ecke (S&D, allemand) (EUROPE 13405/17), le député Kai Gehring et d'autres familles politiques.
Le candidat tête de liste des socialistes européens, Nicolas Schmit, a regretté que le groupe PPE ait refusé de signer la déclaration. « Cela montre à nouveau son ambiguïté, comme révélée par Ursula von der Leyen durant le débat. Je lance un appel au PPE et leur leader : montrer aux électeurs où vous vous situez vis-à-vis de l'extrême droite, comme nous l'avons fait avec la Déclaration de Berlin du 'Parti socialiste européen' » (EUROPE 13405/3), a-t-il estimé via la plateforme X.
Le même jour, au congrès de la CDU, la candidate tête de liste du PPE, Ursula von der Leyen, a attaqué durement le parti AfD allemand, qui siège au groupe d'extrême droite ID au Parlement, et ses liens avec des pays autocratiques comme la Russie et la Chine. Elle a réitéré qu'après les élections européennes de juin, ceux qui voudront « travailler » avec les chrétiens-démocrates devront « remplir trois critères » cumulatifs, à savoir être clairement pro-européens, pro-Ukraine et pro-État de droit.
Les quatre groupes politiques du PE condamnent également les actes de violence commis par des partisans de l'extrême droite à Stockholm, les attaques contre les sièges des partis en Espagne et le ciblage des domiciles de dirigeants politiques en Belgique. Ils réprouvent aussi fermement les cas de plus en plus nombreux de harcèlement, de vandalisme, de désinformation, de diffamation et d'incitation à la haine par les partis d'extrême droite dans tous les États membres, phénomène qui menace chaque jour des hommes politiques, des militants, des journalistes et des citoyens européens.
« Cela n'a pas sa place en Europe et nous ne nous laisserons jamais réduire au silence », ont-ils écrit. « Nous ne permettrons jamais qu'un citoyen soit menacé dans l'exercice de ses droits démocratiques », ont-ils ajouté.
« En tant que dirigeants européens, nous resterons vigilants et nous nous battrons pour une société démocratique, inclusive, libre et égalitaire, où chacun est traité avec dignité et respect. Ces valeurs sont le fondement du projet européen et des principes que nous défendrons toujours », ont-ils conclu.
Lire la déclaration (en anglais) : https://aeur.eu/f/c5n (Anne Damiani)