Le 'Parti socialiste européen' (PSE) s'est engagé à ne « jamais » former de coalition avec l'extrême droite au niveau européen, dans une déclaration adoptée samedi 4 mai lors d'un événement électoral à Berlin.
« Nous ne coopérerons jamais et ne formerons jamais de coalition avec l'extrême droite ! Cela signifie également : pas de coopération ou d'alliances avec les groupes CRE ou ID au Parlement européen », ont déclaré les principaux dirigeants des partis sociaux-démocrates ou socialistes des États membres de l'Union européenne, parmi lesquels les Premiers ministres espagnol, Pedro Sánchez, et maltais, Robert Abela, les coprésidents du SPD allemand, Saskia Esken et Lars Klingbeil, les présidents du PD italien, Elly Schlein, du PS français, Olivier Faure, et du parti travailliste néerlandais, Frans Timmermans.
Les signataires de la déclaration appellent les autres familles politiques démocratiques européennes à rejeter fermement toute normalisation de l'extrême droite et toute alliance avec elle. « Nous nous attendons à ce qu'elles formalisent cette position sans équivoque dans leurs manifestes électoraux comme nous le faisons pour le PSE », ont-ils ajouté, estimant qu'il s'agit de l'unique façon de prouver aux électeurs l'existence d'« un pare-feu contre l'extrême droite aux élections européennes ».
D'après les dirigeants signataires, la montée de l'extrême droite constitue « une menace pour le projet européen » ainsi que pour les droits et le bien-être des citoyens européens. Dans les pays où l'extrême droite est au pouvoir actuellement, les droits des travailleurs, le droit de grève, la liberté de la presse, l'État de droit, les droits des femmes et des personnes LGBTI sont remis en cause, estiment les signataires. Ils pointent du doigt les théories conspirationnistes que l'extrême droite véhicule, sa volonté de renvoyer les migrants et sa complicité avec le régime autocratique russe.
Au contraire, face aux défis sociétaux, le PSE prône des solutions inclusives, progressistes et destinées à fournir « une vie meilleure à tous ». Il souligne l'importance des règles européennes conditionnant l'octroi de fonds européens au respect de l'État de droit et des valeurs fondamentales. Et il préconise une réforme de la procédure dite 'article 7 TUE' sur le respect de l'État de droit dans les pays de l'UE afin d'être en mesure de réagir plus rapidement aux atteintes portées à la démocratie et aux droits fondamentaux (EUROPE 13405/1).
Et les dirigeants socialistes et sociaux-démocrates de conclure : « L'idéologie, le programme et les politiques de l'extrême droite sont tout ce que nous combattons. Nos valeurs sont inconciliables avec les leurs ».
Ce refus catégorique des dirigeants du PSE de former une coalition au Parlement européen avec les groupes CRE et ID après les élections européennes a été bien accueilli par le candidat co-tête de liste des écologistes européens, le Néerlandais Bas Eickhout. Il est la réponse à des propos de la candidate du 'Parti populaire européen' (PPE), la chrétienne-démocrate Ursula von der Leyen, qui n'avait pas écarté un rapprochement avec des partis issus du 'Parti des conservateurs européens' (CRE) (EUROPE 13402/17).
Voir la Déclaration de Berlin : https://aeur.eu/f/c38 (Mathieu Bion)