Les ministres des États membres de l'Union européenne chargés de l'Égalité, se réuniront à Bruxelles, mardi 7 mai, pour un Conseil 'Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs' (EPSCO) pour la première fois entièrement dédié à l'égalité.
Trois directives qui légifèrent dans ce domaine devraient être adoptées. Il s'agit, d’une part, de la directive visant la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (EUROPE 13344/24). Cette directive vise à uniformiser la législation au sein de l'Union européenne pour renforcer la protection et faciliter l'accès à la justice pour les femmes dans tous les États membres. La directive propose également de lutter contre les mutilations génitales féminines, certaines formes spécifiques de cyberviolence, et d'introduire des procédures de signalement plus sûres et sensibles au genre.
Seront également entérinées les nouvelles normes concernant les organismes pour l’égalité de traitement établies par deux directives exigeant que les États membres assurent l'indépendance de ces organismes et les dotent de ressources suffisantes pour supporter toutes les victimes de discrimination.
Égalité de traitement. En outre, les ministres tiendront un débat d'orientation sur la directive sur l'égalité de traitement (EUROPE 13400/9), qui propose d'interdire la discrimination fondée sur la religion, les convictions, le handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle dans les domaines de la protection sociale, les avantages sociaux, l'éducation et l'accès aux biens et services.
Les discussions sont destinées à établir les bases d’un consensus, une orientation générale, pendant la Présidence belge du Conseil, ce qui représenterait une avancée majeure. Et pour cause : le dossier, qui requiert l’unanimité, est régulièrement examiné depuis 2008.
Autonomisation financière des femmes. Le Conseil devrait approuver les conclusions sur l'autonomisation économique et l'indépendance financière des femmes, s'appuyant sur un rapport de l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE) et basées sur la plateforme d'action de Pékin, le programme des Nations unies pour l'égalité entre les hommes et les femmes et l'émancipation des femmes.
Ces conclusions recommandent des mesures pour intégrer une perspective de genre dans les politiques économiques et législatives, combattre la violence économique, réduire l'écart de rémunération et améliorer la collecte de données ventilées par sexe.
Femmes dans la vie publique. La sous-représentation des femmes dans la vie publique sera également au centre des discussions. Les ministres examineront les obstacles à l'égalité des sexes à tous les niveaux décisionnels et proposeront des stratégies nationales pour améliorer la situation. Des initiatives au niveau de l'UE pour encourager la participation des femmes à la vie publique seront aussi envisagées.
Enfin, plusieurs informations seront présentées aux ministres. Il s’agira de leur présenter les événements sur l'égalité organisés par la Présidence et une proposition de changement de nom du Conseil 'EPSCO'. Les progrès concernant l'enquête de la Commission sur la violence à l'égard des femmes, la mise en œuvre de la convention d'Istanbul, ratifiée l'été dernier par l'UE (EUROPE 13205/21), la Stratégie en faveur de l'égalité des personnes LGBTQI pour 2020-2025 (EUROPE 13346/14), le plan d'action de l'UE contre le racisme et la campagne du comité des droits des personnes handicapées des Nations Unies devraient aussi être abordés. (Nithya Paquiry)