La sixième réunion du Conseil UE/États-Unis sur le commerce et les technologies (TTC) s'est ouverte à Louvain jeudi 4 avril. La rencontre se terminera vendredi 5 avril avec le lancement du partenariat pour la sécurité d'approvisionnement des minéraux comprenant une dizaine de pays (EUROPE 13383/5). Les commissaires européens Valdis Dombrovskis, Margrethe Vestager et Thierry Breton reçoivent le Secrétaire d'État américain, Antony Blinken, la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, et la Secrétaire au Commerce, Gina Raimondo.
Ces participants ont répété, à l'occasion d'un événement avec des parties prenantes, jeudi 4 avril, les bénéfices que le TTC a apportés à la relation transatlantique. Avoir un dialogue régulier est crucial, étant donné les précédentes tensions sous l'administration Trump, ont insisté les commissaires européens. Le TTC « est un élément clé du partenariat transatlantique renouvelé en matière d'économie, de politique et de sécurité », estime M. Dombrovskis. Ce dernier a souligné que les succès du TTC étaient souvent dus à des « idées apportées par l'UE ».
Un TTC plus ambitieux est attendu
Les appels à aller plus loin dans ce cadre sont cependant nombreux. « Pour assurer la continuité de ce partenariat unique, une ambition forte et partagée est nécessaire », a estimé la ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, lors du même événement.
Le TTC devrait se concentrer sur l'objectif de régler des problèmes concrets dans les relations commerciales, pour beaucoup d'acteurs. Le représentant des entreprises européennes BusinessEurope et la Chambre du commerce américaine « appellent l'Union européenne et les États-Unis à redoubler d'efforts pour parvenir à des résultats concrets qui faciliteront les affaires de part et d'autre de l'Atlantique et à des progrès tangibles dans des domaines tels que les évaluations de conformité, l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs et les infrastructures critiques ».
Jusqu'ici, le TTC a offert un dialogue au niveau politique et technique et des engagements de coopération dans de nombreux domaines liés aux technologies, mais l'accès aux marchés, la résolution des différends ont été mis sous le tapis.
« Nous perdons trop de temps », estime un fonctionnaire européen. Pour lui, le contexte géopolitique mondial et la concurrence déloyale chinoise devraient pousser l'UE et les États-Unis à avancer plus vite. Sur les pratiques déloyales et la réponse à y apporter, « nous devrions absolument combiner nos boîtes à outils », selon cette source. De plus, « il ne devrait pas s'agir uniquement de calquer l'approche de l'un [sur celle de l'autre] en la matière ».
Les États-Unis, par exemple, ont imposé un tarif de 25% sur les véhicules électriques chinois tandis que l'UE entreprend actuellement une enquête pour imposer potentiellement un tarif à son tour sur ces produits venant de Chine, qui sont suspectés de fausser la concurrence dans l'UE (EUROPE 13264/21).
Consortium transatlantique sur l'IA
En marge du TTC, Magrethe Vestager et Gina Raimondo ont participé au lancement du 'Consortium pour une main-d'œuvre TIC basée sur l'IA' ('AI-Enabled ICT workforce consortium') entre des sociétés européennes et américaines. Celui-ci est mené par l'entreprise Cisco et comprend quelques géants de l'informatique : Accenture, Eightfold, Google, IBM, Indeed, Intel, Microsoft et SAP.
L'objectif est d'analyser l'impact de l'IA sur les emplois, ainsi que d'identifier les possibilités de formations nécessaires pour les postes qui seront affectés par l'IA. (Léa Marchal)