L’ensemble des ministres en charge des Transports dans les États membres et dans les États tiers demandent des moyens supplémentaires pour renforcer la résilience et l’efficacité des systèmes de transport, a souligné Georges Gilkinet, vice-premier ministre et ministre belge de la Mobilité, lors de la conférence qui a suivi la réunion informelle des ministres européens des Transports, à Bruxelles, jeudi 4 avril.
Investir dans les infrastructures de transport, en particulier ferroviaire, est, selon lui, non seulement « nécessaire », mais « ne pas le faire coûterait plus cher ». « La position quasi unanime du Conseil 'Transports' de l’UE est de demander aux États d’accepter de mieux financer le projet européen, que ce soit par un financement propre ou par des contributions supplémentaires », a-t-il indiqué.
« Il y a un arbitrage à faire au sein de la Commission pour savoir à quoi on consacre les moyens », a-t-il ajouté. Cette prise de position fait écho à la campagne lancée deux jours auparavant par 44 organisations européennes pour exhorter le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen à augmenter le budget du 'Mécanisme pour l’interconnexion en Europe' (‘Connecting Europe Facility’ ou ‘CEF’) pour les transports, lors de la prochaine révision du cadre financier pluriannuel de l'UE (EUROPE 13382/6).
« Il est un peu frustrant de voir, lorsque le budget arrive, des réductions ; ce qui s'est produit lors du dernier exercice », a déploré Adina Vălean, la commissaire européenne aux Transports. « Tous les projets qui nous ont été soumis lors du dernier appel à projets ont été sursouscrits à plusieurs reprises, ce qui montre que cet instrument financier est nécessaire, qu'il fonctionne correctement et qu'il possède un système unique qui attire également l'investissement privé par le biais du cofinancement », a-t-elle souligné.
Mme Vălean a estimé que, lors du prochain cycle politique, il faudra se concentrer sur l’investissement, des nouvelles façons d'attirer l'investissement privé, la mise en œuvre des politiques et leur consolidation, l’évaluation de leur fonctionnement et l’ajustement afin d'obtenir des résultats.
Pour M. Gilkinet, il en va de l’engagement à décarboner la mobilité, le secteur économique qui a le moins évolué en la matière ces dernières années, car l’innovation ne compense pas la demande croissante. « La technologie peut et doit nous aider, mais il faut réussir un transfert modal vers des modes de transport qui ont moins d’impact en matière de CO2 », a-t-il considéré.
Il a évoqué le développement de la mobilité active, amorcée dans la 'Déclaration européenne sur le vélo', signée la veille (EUROPE 13383/8). Par ailleurs, les ministres européens ont largement discuté de l’intermodalité et du train (voir autre nouvelle) et ont exprimé leur volonté de « faire du transport ferroviaire l'épine dorsale de la mobilité européenne ». (Anne Damiani)