login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13384
SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE / Otan

Dmytro Kuleba appelle les Alliés à fournir urgemment des systèmes antimissiles à l’Ukraine

Alors que l’OTAN se penche sur la structuration d’un soutien à long terme à l’Ukraine, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a appelé ses homologues à fournir de manière urgente des systèmes antimissiles à son pays, qui fait face à de nombreuses attaques aériennes russes. Selon le ministre, rien qu’en mars, 94 missiles balistiques ont touché le pays, qui manque de plus en plus de missiles antimissiles.

« J’ai exhorté les alliés à fournir à l’Ukraine plus de systèmes de défense antiaérienne, spécifiquement des Patriots, capables d’intercepter les missiles balistiques », a-t-il expliqué à l’issue d’un Conseil OTAN-Ukraine à Bruxelles, ajoutant avoir apprécié la réponse des Alliés. Selon lui, les Alliés vont entreprendre un « exercice d’allocation, de recherche – d’identification de ces systèmes de défense aérienne supplémentaires afin de les amener en Ukraine ».

« Il est impossible de comprendre pourquoi les Alliés ne trouvent pas de batteries supplémentaires pour les emmener là où des missiles balistiques sont tirés quotidiennement », a-t-il aussi souligné, selon son ministère. Kharkiv, que d’aucuns pensent qu'elle sera la prochaine cible de prise territoriale par la Russie, et Odessa, autre cible, ont été particulièrement touchées ces derniers jours. Selon un fonctionnaire de l’Alliance, Kiev manque de munitions et d’hommes.

Devant les médias, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a reconnu que la situation sur le champ de bataille restait « grave » alors que la Russie « pousse le long de la ligne de front, mobilise plus de troupes » et est prête à « sacrifier des hommes et du matériel pour des gains marginaux ». Face à elle, l’Ukraine a besoin « de plus de défense aérienne, de plus de munitions et de plus d’aide », a prévenu M. Stoltenberg. Et d'insister : « Les Alliés de l’OTAN doivent mobiliser davantage de soutien d’ici quelques jours et semaines, il y a besoin urgent ».

Interrogé sur de nouvelles annonces de soutien aérien par les Alliés, M. Stoltenberg a expliqué que les Alliés comprenaient l’urgence et qu’ils allaient examiner leurs inventaires, « voir s’ils peuvent fournir davantage de systèmes, en particulier les Patriots, mais aussi veiller à ce que les systèmes déjà en place disposent de munitions et aussi de pièces de rechange pour qu'ils puissent tous fonctionner comme ils le devraient ». « Il s'agit donc en partie d'une question de systèmes, de batteries, mais aussi, dans une large mesure, d'une question de livraison des intercepteurs aux systèmes déjà en place. Et plusieurs Alliés ont promis qu’ils devraient redoubler d’efforts pour voir ce qu’ils pouvaient apporter de plus », a-t-il ajouté.

La ministre allemande, Annalena Baerbock, dont le pays copréside la coalition ‘capacités’, a annoncé qu’elle allait appeler la communauté internationale à vérifier où sont ses défenses aériennes et ce qu’elle peut fournir à l’Ukraine et voir comment financer l'opération. « Chaque jour, chaque mois compte », a-t-elle prévenu. Une initiative du même type que celle lancée par la République tchèque pour des munitions pourrait être envisagée.

De son côté, le ministre hongrois, Péter Szijjártó, a expliqué sur X (anciennement Twitter) les défis liés à l'augmentation des expéditions d'armes vers l'Ukraine, soulignant « l'épuisement » des réserves d'armes des Alliés. Selon lui, la volonté des Alliés de « vider les arsenaux » pour l'Ukraine est un signe clair des difficultés rencontrées pour maintenir l’approvisionnement en armes, critiquant l'inefficacité de telles mesures pour changer le cours du conflit. Il a appelé à concentrer tous les efforts sur l’instauration de la paix.

Fête en demi-teinte

La journée avait commencé par la célébration du 75e anniversaire de « l’Alliance la plus forte, la plus durable et la plus réussie de l'histoire », selon son secrétaire général, et les 15e, 20e et 25e anniversaires de l’adhésion de certains Alliés. Le traité de Washington a été signé le 4 avril 1949 par 12 membres. Depuis, 20 autres ont rejoint l'Alliance, la Suède il y a seulement quelques jours. « Seulement 14 paragraphes sur quelques pages », a rappelé M. Stoltenberg, qui a estimé que « jamais un seul document ne contenant qu'aussi peu de mots ne signifiait tellement pour tant de gens, tant de sécurité, tant de prospérité et tellement de paix ».

« Je ne crois pas à l’Amérique seule. Tout comme je ne crois pas à l’Europe seule. Je crois en l’Amérique et en l’Europe ensemble, dans l'OTAN, parce que nous sommes plus forts et plus en sécurité ensemble », a souligné le secrétaire général alors que des menaces planent sur le maintien des États-Unis dans l’Alliance, si Donald Trump est réélu président. Selon M. Stoltenberg, l’Europe a besoin de l’Amérique « pour sa sécurité », et l’Amérique du Nord de l’Europe. « Les Alliés européens disposent d’armées de classe mondiale, de vastes réseaux de renseignement et d’un levier diplomatique unique, ce qui multiplie la puissance américaine », a-t-il plaidé, ajoutant que, grâce à l’OTAN, les États-Unis avaient plus d’amis et d’alliés que toute autre grande puissance.

Si le secrétaire général de l’OTAN n’a pas mentionné, dans son discours, l’invasion russe de l’Ukraine, plusieurs ministres des pays célébrant l’anniversaire de l’adhésion de leur pays, principalement d’anciens pays du bloc de l’Est ou intégrés à l’Union soviétique, ont rappelé la menace que représente toujours la Russie. (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

SÉCURITÉ - DÉFENSE - ESPACE
ACTION EXTÉRIEURE
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL - EMPLOI
INSTITUTIONNEL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
CONSEIL DE L'EUROPE
BRÈVES