En vue de la COP28, le Comité de transition de l'ONU sur les pertes et dommages a formulé, samedi 4 novembre, des recommandations pour le fonds destiné à soutenir les pays les plus vulnérables face aux impacts climatiques.
Ces décisions, issues des discussions des 3 et 4 novembre à Abu Dhabi (Émirats arabes unis), s'inscrivent dans la continuité des progrès réalisés lors de la COP27 à Charm el-Cheikh (Égypte). Le fonds proposé, qui devrait être géré provisoirement par la Banque mondiale, vise à offrir des subventions aux nations subissant des pertes climatiques sévères. Ce point a initialement été contesté par les pays en développement en raison des préoccupations concernant le contrôle et l'adéquation de l'institution avec leurs besoins.
Si les recommandations sont maintenant acheminées vers les gouvernements nationaux avant la COP28, certains délégués, dont l’Égyptien Mohamed Nasr, ont exprimé des réserves, comme l’a rapporté l’Agence France-Presse, soulignant l'absence de détails sur la taille du fonds et un plan de capitalisation précis. Les tensions sont accentuées par le sujet des promesses non tenues des pays développés, notamment l'engagement à fournir une aide annuelle de 100 milliards de dollars aux pays en développement, encore en suspens, comme l’a dénoncé Harjeet Singh, de l'ONG Climate Action Network auprès de l'AFP.
En accord avec son discours du 31 octobre à Abu Dhabi (EUROPE 13284/7), le commissaire européen à l'Action pour le climat, Wopke Hoekstra, s’exprimant sur le réseau X (anciennement Twitter), a mis en avant, de son côté, l'engagement de l'UE à mettre en place le fonds et souligné la nécessité d'une mobilisation financière tenant compte des réalités économiques actuelles. Il a insisté sur le fait que toutes les parties capables devraient y contribuer et que cet engagement est essentiel pour l'ambition climatique mondiale, notamment la réduction des émissions. « Pour lancer le fonds lors de la COP28, nous avons encore besoin de résultats clairs et ambitieux en matière d'atténuation. Avec un tel résultat, les premières contributions de l'UE deviennent possibles et je continuerai à préparer le terrain avec nos États membres pour atteindre ce résultat », a-t-il conclu.
Dans le cadre de la préparation à la COP28, Wopke Hoekstra s’est rendu au Kenya, lundi 6 novembre, pour des rencontres bilatérales avec le président William Ruto, la ministre de l'Environnement, du Changement climatique et des Forêts, Soipan Tuya, ainsi qu'avec le ministre des Finances et secrétaire de cabinet au Trésor national et à la Planification économique, Njuguna Ndung'u. Il s’est également entretenu avec des représentants de la société civile et de la communauté politique.
Le 7 novembre, le commissaire européen visitera un projet financé par l'UE, qui soutient la capacité régionale de surveillance, d'analyse et de communication des modèles météorologiques dans la région de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en Afrique de l'Est, avec le soutien de l'Organisation météorologique mondiale, et prévoit d'aborder les priorités climatiques de l'UE lors d'un discours à l'université de Nairobi. (Nithya Paquiry)