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Bulletin Quotidien Europe N° 13286
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

M. Borrell pointe la responsabilité de la communauté internationale

Le Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a pointé, lundi 6 novembre, dans un discours devant les ambassadeurs de l’UE dans le monde, la responsabilité de la communauté internationale concernant la situation actuelle au Proche-Orient.

« La violence actuelle est le résultat d'un échec politique et moral collectif, avec les Israéliens et les Palestiniens qui en paient le prix fort », a-t-il souligné, estimant que cet échec était dû à un « manque de volonté » politique de résoudre le problème israélo-palestinien. Selon lui, si la communauté internationale était attachée à la solution à deux États, il n’y a eu aucune feuille de route pour y parvenir.

Depuis 1967, la situation a empiré sur le terrain, avec notamment le développement des colonies, dont la population est passée de 270 000 à 700 000 colons entre les années 1970 et aujourd'hui, selon le Haut Représentant, et de chaque côté, une montée des extrêmes.

M. Borrell a ainsi plaidé pour la reprise des discussions sur une solution à deux États. « Nous avons une obligation morale et politique à être impliqués », a-t-il estimé. Selon lui, il s’agit d’un « test majeur » pour la crédibilité de l’UE.

« Ce qui est important est de réfléchir à un règlement complet et définitif, qui est clairement hors de portée aujourd’hui, mais sur les modalités d’un processus politique impliquant Israël, l’Autorité palestinienne, la Ligue des États arabes, l’UE, la Turquie, les États-Unis et la Norvège qui ont joué un rôle essentiel dans le passé », a précisé le Haut Représentant. Et de prévenir : « C’est la dernière chance pour une solution à deux États ; si nous ne réussissons pas, nous serons définitivement dans une spirale de violence et une haine mutuelle pour des générations. Donc, engageons-nous autant que nous le pouvons ».

« Ce sera le défi géopolitique le plus important pour nous », a-t-il ajouté.

Lors de son discours devant ces mêmes ambassadeurs, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également appelé à ne ménager « aucun effort pour maintenir l'espoir, pour trouver une solution durable, fondée sur deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ». « Le moment est à nouveau venu de déployer un effort international en faveur de la paix au Proche-Orient. Et nous jouerons notre rôle », a-t-elle promis.

Pour Mme von der Leyen, si « des millions de personnes à travers le monde ont le sentiment que le Proche-Orient est pris dans une spirale de conflits sans fin, où la violence ne fait qu'engendrer plus de violence », « il n'est pas nécessaire qu'il en soit ainsi ». Elle a estimé que, pour redonner espoir aux Palestiniens et aux Israéliens, tous ont besoin d’une perspective, à savoir la solution à deux États.

« Israéliens et Palestiniens doivent se mettre d'accord sur la voie à suivre. Mais, dans le cadre d'un effort international, nous devons également contribuer. Nous avons un rôle à jouer en proposant quelques principes de base - par exemple, pour l'après-guerre - qui pourraient aider à trouver un terrain d'entente », a expliqué la présidente de la Commission.

Selon elle, il faut tout d’abord que Gaza ne soit pas un refuge pour les terroristes. « Différentes idées sont discutées sur la manière de garantir cela, y compris une force de paix internationale sous mandat de l'ONU », a-t-elle noté, ajoutant que cela impliquait que l'organisation terroriste Hamas ne puisse plus contrôler Gaza et qu’il ne devrait y avoir qu'une seule Autorité palestinienne et un seul État palestinien.

De plus, a ajouté Mme von der Leyen, il ne peut y avoir de présence sécuritaire israélienne à long terme à Gaza, qui est une « partie essentielle de tout futur État palestinien ». Et il ne saurait y a avoir de déplacement forcé des Palestiniens de Gaza, car ce serait une source d'« instabilité régionale », a-t-elle expliqué.

Enfin, le blocus de Gaza doit être levé, car « tout futur État palestinien doit être viable, y compris d'un point de vue économique ». « L'Europe est prête à travailler avec toutes les personnes et tous les pays de la région pour y parvenir », a promis la présidente de la Commission. (Camille-Cerise Gessant)

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