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Bulletin Quotidien Europe N° 13269
POLITIQUES SECTORIELLES / CohÉsion

La réorientation des fonds de cohésion de l'UE en cas de besoins imprévus pourrait accroître les disparités régionales, met en garde le CdR

La révision du cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour 2021-2027 et la plateforme des technologies stratégiques pour l'Europe (STEP) devraient renforcer les objectifs à long terme de la politique de cohésion et respecter le principe 'ne pas nuire à la cohésion', selon un avis du Comité européen des régions (CdR) sur la révision du CFP, adopté le 10 octobre en séance plénière.

En adoptant l’avis de José Manuel Ribeiro (PSE, portugais), les élus locaux et régionaux soutiennent les éléments clés de la révision du CFP et appellent à une augmentation des fonds pour les réponses d'urgence et à une hausse de 50 à 60 milliards d’euros de la dotation de la réserve pour l’Ukraine.

STEP, un pas dans la mauvaise direction ? Le CdR reconnaît la nécessité de créer STEP, mais n'est pas d'accord avec le mécanisme proposé pour la financer, car il risquerait de promouvoir une gouvernance centralisée qui ne tient pas compte des besoins au niveau local. José Manuel Ribeiro estime que « prendre l'argent des régions et des villes pour le donner aux gouvernements centraux va à l'encontre du modèle réussi de gouvernance à plusieurs niveaux et risque de détourner l'argent de l'UE des projets qui bénéficieront aux citoyens de l'UE. Il faut cesser d'utiliser l'argent de la politique de cohésion pour financer chaque nouvelle urgence ».

L'ouverture des instruments de la politique de cohésion, dans le cadre de STEP, aux grandes entreprises pourrait en outre conduire à une concentration des financements et des technologies critiques dans quelques régions et États membres au détriment des PME et des régions moins développées, avertissent les responsables locaux.

En outre, ils attirent l'attention sur le fait qu'aucune évaluation de l'impact territorial de la proposition STEP n'a été réalisée et qu'aucun mécanisme n'est prévu pour assurer la participation concrète des autorités locales et régionales dans le processus de sélection des projets qui bénéficieraient du label de souveraineté. Le CdR craint donc que les mécanismes proposés pour sélectionner les projets porteurs du ‘label de souveraineté’ conduisent à une « centralisation accrue des pouvoirs et à une intensification de la concurrence entre les régions de l’Union au lieu de renforcer la cohésion de l’Union dans son ensemble ».

Les responsables locaux et régionaux plaident pour que les fonds de la politique de cohésion ne soient pas réorientés vers le financement de nouvelles tâches, car cette politique devrait rester le principal instrument d'investissement de l'UE pour lutter contre les inégalités territoriales.

Pour Vasco Alves Cordeiro, président du CdR, cette révision à mi-parcours devrait confirmer le rôle central de la politique de cohésion en tant que principal instrument d'investissement couvrant toutes les régions d'Europe, tout en veillant à ce que toutes les autres politiques ne compromettent pas ses réalisations. (Lionel Changeur)

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