Les ministres de la Défense des pays alliés ont annoncé, mercredi 11 octobre, de nouveaux soutiens à l’Ukraine.
À l’issue d’une journée consacrée à l’Ukraine – groupe de contact de défense de l’Ukraine, puis Conseil OTAN-Ukraine -, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est félicité des nouvelles annonces de soutien des Alliés.
« La Russie intensifie ses attaques contre les infrastructures ukrainiennes et se prépare à nouveau à utiliser l'hiver comme une arme de guerre. Il est donc d'autant plus important que nous renforcions et maintenions notre soutien à l'Ukraine », a-t-il souligné.
En plus des confirmations par la Belgique et le Danemark de leur intention de livrer des avions F-16 à l'Ukraine – en 2025 pour Bruxelles -, le Canada a annoncé qu’il ferait don de vêtements et de munitions et équipements de son stock.
Le Royaume-Uni s'est engagé à verser plus de 100 millions d'euros pour des équipements de défense aérienne et de déminage et les États-Unis 200 millions de dollars. Ce paquet comprendra, selon le Secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, des munitions AIM-9 pour un « nouveau système de défense aérienne » bientôt livré à l'Ukraine, des munitions d'artillerie et de roquettes, des munitions aériennes de précision, des armes antichars et de l'équipement pour contrer les drones russes.
L'Allemagne avait annoncé, mardi, un paquet d'un milliard d'euros axé sur les systèmes de défense aérienne Patriot et IRIS-T.
L’OTAN a promis en outre qu'elle intensifiera son soutien pour l'hiver en fournissant davantage de vêtements de protection contre le froid, des capacités de déminage, du carburant et du matériel médical.
Plus tôt dans la journée, le président Volodymyr Zelensky, en visite surprise au siège de l’Alliance, avait appelé à la fourniture de systèmes antimissiles, de pièces d'artillerie et de munitions supplémentaires. « Survivre au prochain hiver (…) est l'un des plus grands défis, mais nous nous préparons, nous sommes prêts et nous avons maintenant besoin de soutien », avait-il expliqué.
Travailler à des coalitions de capacités
Au-delà de l’aide immédiate, M. Austin a souhaité la création de « coalitions de capacités », « chargées de coordonner les contributions des membres de la coalition pour chaque grand domaine de capacité ». Alors que des coalitions existent déjà sur des éléments spécifiques, tels que les chars Leopard ou les F16, M. Austin veut pousser le concept « un peu plus loin », avec ces coalitions axées sur des capacités plus larges. « Nous nous organiserons également pour coordonner nos investissements dans la future force de l'Ukraine », a-t-il annoncé.
Les événements en Israël ne détourneront pas les Alliés de l’Ukraine
Interrogé sur la capacité des Alliés à aider à la fois Israël et l’Ukraine, le secrétaire général a précisé que les Alliés et l’OTAN avaient les capacités pour faire face à plusieurs défis et n’avaient pas le « luxe » de choisir.
« Les États-Unis restent capables de déployer leurs forces et leurs ressources pour faire face à des crises dans plusieurs endroits à la fois. C'est pourquoi nous nous tenons fermement aux côtés d'Israël tout en continuant à soutenir l'Ukraine », a confirmé M. Austin.
Utiliser les avoirs russes
M. Zelensky a également appelé les Alliés à trouver des solutions pour l'utilisation des avoirs russes pour financer la reconstruction de son pays. « Certaines voix dans le monde s'élèvent pour dire qu'il n'y a pas d'argent pour aider l'Ukraine à se reconstruire. La réponse est très rapide : vous disposez d'actifs russes et nous pouvons les utiliser. Trouvons la clé pour avoir l'argent russe et le dépenser pour la reconstruction de l'Ukraine », a-t-il expliqué.
À l'issue d'une rencontre avec M. Zelensky, le Premier ministre belge, Alexander de Croo, a promis d'octroyer à l'Ukraine, en 2024, 1,7 milliard d'euros, correspondant au produit des taxes sur les intérêts des actifs russes gelés dans des banques en Belgique.
Selon M. de Croo, l’argent pourra servir à aider l'armée ukrainienne « à l'achat de matériel ou encore à la reconstruction d'infrastructures détruites ». (Camille-Cerise Gessant)