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Bulletin Quotidien Europe N° 13263
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Affaires intÉrieures

Pour un certain nombre d'eurodéputés, le scandale des visas en Pologne est révélateur du démantèlement de l'État de droit dans le pays

Les eurodéputés ont critiqué, mardi 3 octobre à Strasbourg, les agissements du gouvernement polonais, qui a « mis en danger » la sécurité de l’espace Schengen en vendant des visas suspicieux dans certaines représentations consulaires et a jeté le doute « sur le peuple polonais », a dénoncé notamment l’élue polonaise Roza Thun (Renew Europe).

Les députés se sont penchés sur le scandale des milliers de visas que les autorités polonaises auraient vendu contre des pots-de-vin. La Commission avait demandé que Varsovie s’en explique d’ici à ce 3 octobre (EUROPE 13256/8).

Pour le député du PPE Jeroen Lenaers (Néerlandais), le gouvernement polonais a « mis la sécurité de tout le monde en danger ». Il y aura des « vérifications d’identité à cause du gouvernement polonais », a ajouté le député en référence aux pays comme l’Allemagne, qui a annoncé un renforcement des contrôles à ses frontières avec la Pologne.

Demandant que le gouvernement fasse toute la lumière sur cette affaire, l’élu du PPE a regretté aussi qu’il ne s’agisse pas d’un « cas isolé », mais d’un fait « symptomatique du démantèlement plus large de l’État de droit en Pologne ». Pour M. Lenaers, le PiS au pouvoir a aussi démontré un véritable « mépris pour la sécurité et nos frontières communes ».

Le député des Verts/ALE Erik Marquardt (Allemand) est allé dans le même sens, se demandant ce que le gouvernement polonais peut apporter en termes de clarifications alors qu’il détruit « systématiquement » l’État de droit et qu’il n’y a donc plus d’État de droit.

« On vend des visas comme on vend des salades », a fustigé de son côté le Polonais Robert Briedron (S&D), dénonçant « l’hypocrisie du PiS » alors que le gouvernement polonais tient une ligne dure sur la politique européenne de migration.

Ce débat n’a toutefois pas plu à tous les élus, notamment en ce qui concerne le calendrier. L’élue irlandaise de La Gauche Clare Daly, qui n'est pourtant « pas supportrice » du gouvernement polonais, a regretté que ce débat intervienne avant les législatives du 15 octobre et aurait préféré que le PE se penche sur ce sujet après ce scrutin électoral afin de ne pas se rendre suspect de tentative d’interférence.

La Hongroise Kinga Gál (non-inscrite) a, elle aussi, critiqué le calendrier de ce débat.

De son côté, le vice-président de la Commission, Margarítis Schinás, a confirmé que, si les faits « extrêmement préoccupants » avancés dans les médias polonais étaient avérés, ils constitueraient une « violation grave » du Code frontières Schengen.

La Commission a adressé 11 questions à Varsovie à la mi-septembre et est en contact avec le gouvernement polonais pour obtenir toutes les réponses à ses questions, notamment sur le nombre et le type de visas concernés par ces faits de corruption. (Solenn Paulic)

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