Les députés européens ont dénoncé, mardi 3 octobre, la passivité de l’Union européenne concernant la situation au Haut-Karabakh, l’appelant à faire plus.
« L’engagement de la communauté internationale devrait être plus fort, y compris au niveau de l’UE », a souligné Anna Fotyga (polonaise), pour la CRE.
Au nom de Renew Europe, Nathalie Loiseau (française) a dénoncé l’« absence de l’Europe » pendant les mois où les Arméniens du Haut-Karabakh ont été « encerclés, affamés, puis attaqués » par l’Azerbaïdjan. « L'Europe a été passive pour le plus mauvais des calculs, elle a tardé à défendre une démocratie sous prétexte qu’elle a besoin de gaz », a-t-elle ajouté, faisant un parallèle avec l’Ukraine et la Russie. « Sauvons notre honneur, sauvons l’Arménie ! », a-t-elle lancé aux représentants de la Commission européenne et du Conseil de l'UE.
« L’UE préfère le gaz azerbaïdjanais au sang des Arméniens (…) L’honneur de l’Europe est mis à l’épreuve. Oserons nous être spectateurs de la disparition d’un peuple ? », s’est interrogé Jordan Bardella (ID, français), rappelant qu’ « un peuple qui s’en va, c’est une identité qui s’éteint ».
« Comment est-il possible que nous abandonnions un pays ? Il faut faire quelque chose pour les Arméniens. Il faut éviter ce qui s'est déjà passé en Ukraine », a ajouté Markéta Gregorová (Verts/ALE, tchèque).
Pour Idoia Villanueva Ruiz (La Gauche, espagnole), « l’UE n’a ni montré la solidarité ni apporté l’aide qu’elle a apportée à d’autres pays ». « Les Arméniens ont droit à notre soutien », a-t-elle ajouté, s’interrogeant sur le statut de l’Azerbaïdjan : « Est-il un pays fiable ? Un allié crédible ? »
Appel à des sanctions
Les députés ont appelé l’UE à réagir en augmentant son aide humanitaire envers les Arméniens restés au Haut-Karabakh et ceux qui ont fui, mais aussi par le biais de sanctions contre Bakou. « Nous avons promis des actions fortes. Les actions doivent prévoir des sanctions, poser des conditions pour un nouvel accord avec l'Azerbaïdjan et mettre fin à l’accord sur le gaz », a détaillé Marina Kaljurand (S&D, estonienne), estimant aussi qu’il fallait donner à l’Arménie, à long terme, une perspective européenne.
Pour Željana Zovko (PPE, croate), l’heure n’est pas encore aux sanctions. Mais « toute tentative d’exploiter la situation pour déstabiliser l’Arménie ou une opération militaire sur son territoire sera jugée inacceptable ». « Si de telles actions devaient se produire, une réévaluation de nos relations devra avoir lieu et il faudra alors imposer des mesures restrictives », a-t-elle prévenu.
La commissaire européenne Stella Kyriakides a rappelé que les sanctions n'étaient qu'un des outils aux mains de l'UE, décidées sur unanimité du Conseil. Elle a ajouté que l'UE allait continuer à soutenir tous les efforts pour la normalisation des relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. (Camille-Cerise Gessant)