Les eurodéputés ont débattu, lundi 2 octobre, de la précarité dans l’Union européenne et des moyens de venir en aide aux plus démunis.
En présence du commissaire européen aux Affaires sociales, Nicolas Schmit, ils ont notamment évoqué l’afflux plus conséquent de personnes dans les banques alimentaires et mis en exergue la précarité causée à la fois par la Covid-19, la guerre en Ukraine et l’inflation.
Si des mesures d’aides aux revenus ont permis de limiter l’impact de l’inflation, il faut des « mesures plus structurelles pour faire face à la pauvreté », a reconnu le commissaire, qui a appelé les États membres à faire plein usage du Fonds européen pour les plus démunis (FEAD), qui peut débourser 5 milliards d’euros.
Il a appelé aussi les États membres à évaluer l’impact des politiques nationales sur les plus précaires et à combattre les augmentations de prix injustifiées.
L'élue belge du PPE Cindy Franssen a demandé de compléter le pilier des droits sociaux sous la prochaine Commission et de faire « plus que parer au plus pressé, si l’on veut en effet sortir 15 millions de personnes de la pauvreté d’ici 2030 » (par rapport à 2019), comme l’ont décidé les Vingt-sept à Porto en 2021.
Le socialiste Pedro Marquès (S&D, portugais) a pointé les risques accrus de pauvreté pour les femmes et souhaité que la Commission fasse pression sur les États membres pour que les plans de relance mettent plus d'accent sur les logements sociaux.
Sara Matthieu (Verts/ALE, belge), quant à elle, a déploré le fait qu’Ursula von der Leyen n’ait « pas dit un mot sur la pauvreté » lors de son discours sur l’État de l’Union. Elle a appelé les responsables européens à se pencher sur les travailleurs pauvres. « Il faut soutenir les entreprises qui créent de bons emplois, font de la concertation sociale et versent de bons salaires », a-t-elle insisté.
Selon Eurostat, fin 2022, 95,3 millions de personnes étaient en situation de pauvreté. (Solenn Paulic)