Le sous-secrétaire d’État polonais Paweł Jabłoński, rattaché au ministère des Affaires étrangères polonais, a répondu le 21 septembre à la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, qui, deux jours plus tôt, avait demandé au ministre de faire toute la lumière sur le scandale des visas Schengen vendus dans les différentes représentations extérieures polonaises, en particulier en Afrique et en Asie.
Mais la Commission européenne a déjà jugé ces réponses « insuffisantes », a réagi la porte-parole Anitta Hipper le 22 septembre, et attend de nouvelles explications d'ici au 3 octobre, la date qu'avait fixée dans sa lettre initiale la commissaire Johansson.
La Commission attend notamment plus de précisions sur le type et le nombre de visas concernés.
Sept personnes en lien avec le ministère polonais des Affaires étrangères sont soupçonnées d’avoir perçu des sommes d’argent pour accélérer les procédures dans plusieurs milliers de dossiers (environ 250 000 dossiers, selon l’opposition polonaise).
Dans sa réponse vue par EUROPE, le ministère réfute les chiffres de centaines de milliers de visas de court séjour octroyés à des personnes en Asie et en Afrique et explique que, sur la période de l’enquête (1 an et demi), plus de 500 000 visas de travail ont été délivrés, mais à 80% à des citoyens ukrainiens et biélorusses, et des visas Schengen de court séjour à des fins de travail n’ont été délivrés qu’à 767 reprises.
La lettre explique aussi que le gouvernement et ses agences anti-corruption ont pris les mesures nécessaires dès 2022 quand ils ont eu connaissance de certaines irrégularités.
Des poursuites ont depuis été engagées contre 7 personnes. La lettre nie aussi toute implication de consuls polonais et dément l’existence d’une affaire, accusant l’opposition polonaise de faire de la récupération politique. (Solenn Paulic)