Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé l’Azerbaïdjan à prendre des mesures pour permettre la fourniture d’aide humanitaire aux habitants du Karabakh, jeudi 21 septembre, lors d’une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations Unies.
« La population locale a un besoin urgent d'aide humanitaire et elle a également besoin de garanties quant au respect de ses droits et de sa sécurité. Nous demandons donc à l'Azerbaïdjan de prendre des mesures concrètes à cet égard », a-t-il souligné.
M. Borrell a ainsi plaidé pour qu’un accès humanitaire sans entrave soit garanti à la population civile dans le besoin, notamment par la réouverture complète du corridor de Lachin, bloqué depuis plusieurs mois. « Il est important que les acteurs humanitaires puissent continuer à opérer et à intensifier leurs activités en fonction des besoins dans la situation actuelle », a-t-il ajouté.
Précisant que l'UE et ses États membres étaient prêts à fournir une aide humanitaire d'urgence, M. Borrell a annoncé la mobilisation de 500 000 euros d'aide humanitaire pour aider les populations affectées par l'escalade des hostilités. L'aide permettra aux personnes touchées de couvrir leurs besoins de base grâce à une assistance en espèces, tout en leur fournissant un abri et un soutien psychosocial. Ce financement d'urgence vient s'ajouter à l'aide humanitaire de 1,17 million d'euros que l'UE a allouée début 2023.
Le chef de la diplomatie européenne a aussi rappelé qu’il incombait à l'Azerbaïdjan de garantir le plein respect des droits et de la sécurité des Arméniens du Karabakh, et l’a donc appelé à engager un dialogue global et transparent à ce sujet, y compris concernant leur droit de vivre dans leurs maisons dans la dignité.
Le Haut Représentant a rappelé en outre que l’UE soutenait pleinement la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie, et attendait de tous les acteurs qu'ils fassent de même. Il a demandé à Bakou de réaffirmer son engagement sans équivoque en faveur de l'intégrité territoriale de l'Arménie et d'accepter la délimitation de leur frontière bilatérale, conformément à la lettre et à l'esprit de la déclaration d'Almaty de 1991.
Appelant à la reprise des négociations entre Erevan et Bakou sur toutes les questions en suspens dans le but de conclure un traité de paix, M. Borrell a précisé que l’UE restait déterminée à continuer de faciliter le dialogue. (Camille-Cerise Gessant)