Le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, a rappelé l'importance de l'énergie nucléaire pour son pays, « en tant qu'un des moyens d'atteindre les objectifs climatiques » fixés mardi 26 septembre à Prague lors d'une déclaration à la presse avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
M. Fiala a qualifié de « grande priorité » pour son gouvernement la finalisation de la procédure de notification à l'échelon européen concernant la réalisation de nouvelles unités de production à la centrale de Dukovany. Et il a indiqué que son pays aurait besoin de centrales de nouvelle génération.
Comme elle l'avait fait lors de la conférence 'Green Deal Summit' le matin même, Mme von der Leyen a rappelé que le choix du mix énergétique demeure du ressort des États membres. Sur les investissements que souhaite réaliser la République tchèque dans le secteur nucléaire, elle a indiqué que la Commission était « toujours prête à envisager des aides d'État, sous réserve, bien sûr, que les conditions soient réunies ». « C'est également la raison pour laquelle nous soutenons la technologie nucléaire de pointe dans le cadre de notre acte sur l'industrie 'zéro émission nette', afin de stimuler l'innovation et la coopération transfrontalière », a-t-elle ajouté (EUROPE 13143/1).
La question de l'inclusion du nucléaire dans l'acte 'NZIA' est controversée tant au Conseil de l'UE (EUROPE 13185/3) qu'au Parlement européen (EUROPE 13254/3).
Par ailleurs, Mme von der Leyen s'est félicitée que les prix énergétiques dans l'UE aient été ramenés au niveau d'avant-invasion militaire russe de l'Ukraine, après avoir culminé à des niveaux jusqu'à dix fois supérieurs, à l'été 2022. D'après elle, si les investissements dans les énergies renouvelables se poursuivent au rythme actuel dans l'UE, les Européens seront « bientôt protégés contre les prix élevés dus à l'importation d'énergie fossile ».
Consciente de l'importance de l'industrie automobile en République tchèque, la présidente de la Commission a évoqué, par ailleurs, la « concurrence déloyale » que subissent les entreprises européennes de la part de concurrents issus de pays tiers « lourdement subventionnés ». « C'est pourquoi nous avons initié une enquête anti-subventions dans le secteur des véhicules électriques provenant de Chine », a-t-elle souligné, alors que le vice-président de l'institution de l'UE, Valdis Dombrovskis, était en Chine jusqu'à mardi pour expliquer la démarche européenne (EUROPE 13257/19). (Mathieu Bion)