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Bulletin Quotidien Europe N° 13258
POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique/dÉmocratie

Guerre en Ukraine et élections à venir, les grandes plateformes redoublent d'efforts pour lutter contre la désinformation en ligne

La vice-présidente de la Commission chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, a présenté, mardi 26 septembre, la seconde édition des rapports des plateformes en ligne signataires du code de bonnes pratiques en matière de désinformation (EUROPE 13193/29). Les documents, que les 44 signataires se sont engagés à publier tous les six mois, montrent que les tentatives de désinformation ne cessent de croître, dans un contexte de guerre d’invasion menée par la Russie en Ukraine et d’élections européennes à venir.

« Avec la numérisation croissante, de plus en plus d’acteurs visent à miner nos démocraties. Il faut être au courant du contexte, avec la guerre en Ukraine, les élections, le risque est accru. L’État russe est engagé dans une guerre d’idées pour polluer nos informations. Les grandes plateformes en ligne doivent s’attaquer à ce problème », a déclaré Mme Jourová.

Dans le détail, le géant du numérique Google indique, par exemple, avoir empêché que plus de 31 millions d'euros de publicité parviennent à des acteurs de la désinformation dans l’UE. Quelque 141 823 publicités ont échoué aux tests de vérification de l’identité du diffuseur auxquels procède l’entreprise américaine et plus de 300 sites ont vu leurs publicités venant de Russie être supprimées.

Microsoft, pour sa part, a bloqué ou restreint l’enregistrement de plus de 6,7 millions faux comptes sur LinkedIn alors que TikTok a retiré 140 635 vidéos - cumulant plus d’un milliard de vues - qui ne respectaient pas les politiques en matière de désinformation.

Concernant la guerre en Ukraine, YouTube a mis fin à 411 chaînes et 10 blogs de personnes impliquées dans des opérations d’influence coordonnées liées à l’Agence de recherche Internet (IRA) parrainée par la Russie.

« Le thème principal est de combattre la rhétorique russe qui légitime le droit d’envahir l’Ukraine, un narratif qui domine depuis le début de la guerre en Crimée », a précisé la commissaire chargée des Valeurs et de la Transparence.

« C’est aussi fréquemment adressé contre les migrants et les réfugiés, le Green Deal aussi, l’UE qui nuirait en introduisant des mesures contre les voitures, les minorités LGBT, avec des histoires invraisemblables », a-t-elle ajouté.

Pour Mme Jourová, le DSA devrait pousser X à se conforme aux règles

La vice-présidente Jourová est également revenue sur la décision de X (anciennement Twitter), après son rachat par le milliardaire américain Elon Musk (EUROPE 13194/4), de quitter le code de bonnes pratiques. Sur ce point, la vice-présidente s’est voulue rassurante, estimant que l’application du DSA (EUROPE 13244/4) contraindrait l’entreprise à se conformer aux règles de l’UE.

« M. Musk sait très bien que quitter le code ne suffit pas pour avoir carte blanche. On a le DSA, il va être appliqué, une unité de la Commission va assurer le suivi des plateformes. X, en tant que grande plateforme en ligne, a des obligations sous la loi. Mon message est : 'Vous devez respecter la loi et nous allons suivre vos activités' », a-t-elle commenté.

Alors que les négociations interinstitutionnelles se poursuivent sur le sujet, la question de l’impact de l’intelligence artificielle (IA) (EUROPE 13253/4), lorsqu’il s’agit de désinformation, occupe une place centrale. Věra Jourová a d’ailleurs rencontré à Bruxelles, dans la foulée de la présentation des rapports, des représentants de l’entreprise OpenAI.

« Les discussions avec Open AI permettront de voir quel est leur sentiment, et aussi la manière d’étiqueter (EUROPE 13194/3) les informations 'AI'. Il faut que les utilisateurs sachent que c’est le fruit d’une machine et non d’un cerveau. Nous voudrions plus de signataires, ce n’est plus seulement une question de responsabilité sociale ou de faire bonne impression », a conclu la vice-présidente de la Commission européenne.

Voir les rapports : https://aeur.eu/f/8r3  (Thomas Mangin)

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