« Jeter des ponts et développer l'agenda multilatéral sur le climat ». Le semestre qui s'ouvre est ainsi, selon la Présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne, l'occasion pour cette dernière de se saisir du dossier climatique sur la scène internationale.
La COP28, qui se tiendra du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï (Émirats Arabes Unis) apparaît, en effet, comme un événement qui « fera date » pour la nouvelle Présidence tournante du Conseil. Ainsi qu'elle le précise dans son programme, la conférence des Nations unis sur les changements climatiques coïncidera avec « l'achèvement du premier bilan mondial », soit l'occasion pour l'UE de prendre position « par rapport aux objectifs fixés dans l'Accord de Paris » (EUROPE 11452/1).
Par ailleurs, l'Espagne précise que « l'Union européenne doit adopter une approche plus ambitieuse en matière d'action climatique afin d'atteindre l'objectif de limiter l'augmentation de la température mondiale de 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, dans un contexte de développement résilient au changement climatique ».
La Présidence espagnole enjoint pour cela aux États membres de « promouvoir un nouveau cycle de contributions nationales de grande envergure, conformément aux avis scientifiques ». L'Espagne considère en outre que la principale question est désormais de savoir comment « récupérer le temps perdu ». Ce sera l'un des sujets de la réunion ministérielle informelle sur l'environnement qui se tiendra les 10 et 11 juillet à Valladolid, à laquelle le futur président controversé de la COP28, le Sultan Al-Jaber, serait attendu. Il s'agira d'y définir les attentes principales de l'Europe en vue du sommet.
Des ambitions qui ne peuvent être, selon la Présidence espagnole, décorrélées d'une accélération de la transition verte. Et pour cause : ce dernier point constitue la deuxième grande priorité du programme espagnol.
« Cette transition doit améliorer la qualité de vie de ses citoyens, créer des opportunités d'emploi et assurer une répartition équitable des charges, dans un cadre de justice sociale et de solidarité, tout en préservant les intérêts des membres les plus vulnérables de la société », souligne ainsi la nouvelle Présidence tournante du Conseil, qui souhaite notamment « stimuler la décarbonation de l'économie de l'UE, en achevant l'adoption du paquet 'Fit for 55' » et « favoriser une économie verte ».
Outre les mesures environnementales, la lutte contre le changement climatique est en conséquence intégrée dans plusieurs politiques sectorielles de l'UE, telles que la Défense ou les Affaires intérieures.
Il est essentiel pour l'Espagne de concilier finance mondiale et exigences du changement climatique, « en tenant compte des besoins des pays les plus pauvres du monde ».
Au niveau législatif, la Présidence espagnole estime qu'il est nécessaire d'adopter des réglementations visant à restreindre l'émission et l'utilisation de substances appauvrissant la couche d'ozone et de gaz fluorés, pour lesquelles une réunion interinstitutionnelle est prévue le 19 juillet (EUROPE 13201/19). Enfin, la « prévention et la gestion des sécheresses et d'autres aspects quantitatifs de l'eau » sont également des points prioritaires.
Le programme : https://aeur.eu/f/7xi (Nithya Paquiry)