Dans une déclaration publiée mercredi 5 juillet, l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) a fustigé des « preuves répétées de racisme dans les services de police de certains pays de l'UE ».
La FRA souligne que ses rapports démontrent que « les minorités ethniques sont souvent victimes de harcèlement et de violence racistes, y compris de la part de la police ». Ainsi, 80% des personnes disent avoir été traitées avec respect par les forces de l’ordre, contre 46% des minorités.
En outre, l’agence trouve qu’en 2017, la police a fouillé ou demandé leurs papiers d'identité à 34% des personnes faisant partie de minorités ethniques, contre 14% de la population générale. Dans certains pays, 80% des ressortissants de minorités ont perçu le dernier contrôle de police comme le résultat d’un profilage ethnique.
« Personne ne devrait avoir peur d'un contrôle de police. L'UE et ses États membres doivent redoubler d'efforts pour lutter contre le racisme et instaurer la confiance dans nos sociétés », a résumé son directeur, Michael O’Flaherty.
La FRA suggère aussi de s’inspirer de son guide de 2018 visant à prévenir le profilage ethnique illicite (https://aeur.eu/f/7wz ).
Contactée par EUROPE, l’Agence a confirmé que sa déclaration « est une réaction aux récents évènements en France ». En effet, le pays est secoué par une vague d’émeutes déclenchées par le décès de Nahel M., 17 ans, abattu le 27 juin par un policier à Nanterre après un refus d’obtempérer.
La FRA a toutefois ajouté que ce n’est pas le seul État membre concerné. Son dernier rapport annuel pointe des problèmes de « pratiques discriminatoires persistantes en matière de maintien de l’ordre » aussi en Belgique, à Chypre, au Danemark, en Finlande, en Allemagne, à Malte, aux Pays-Bas, au Portugal, en Slovaquie et en Suède (EUROPE 13197/16). (Hélène Seynaeve)