Dans un rapport publié le 30 juin, le centre 'énergie' de l’Institut Jacques Delors revient sur le passage à l’hiver 2022/2023 concernant la sécurité d’approvisionnement gazier en Europe et juge que, pour renforcer la sécurité d’approvisionnement à court terme tout en respectant les objectifs climatiques à long terme, une baisse structurelle de la demande de gaz est la seule option viable.
Suite à l’invasion russe en Ukraine, le rapport rappelle que le Plan REPowerEU de la Commission européenne, dévoilé en mai 2022, a pour objectif de rendre l’Europe indépendante des combustibles fossiles russes bien avant 2030. La stratégie de l’Union vise, d’une part, à diversifier les sources d’approvisionnement en gaz et, d’autre part, à accélérer la transition énergétique.
Selon l’analyse de l’Institut, si cette stratégie de diversification des fournisseurs de gaz, combinée avec une baisse conjoncturelle de la demande, a permis à l’UE de passer l’hiver, « la situation reste précaire en vue de l’hiver 2022/2023 ».
Objectif de réduction de la demande de gaz obligatoire
Bien que les objectifs de réduction de la consommation de gaz de 15% aient été reconduits du 1er avril 2023 au 31 mars 2024, l’étude recommande d’augmenter durablement les économies de gaz au niveau européen.
En attendant la finalisation - espérée d’ici la fin de l’année 2023 - des directives sur les énergies renouvelables (EUROPE 13204/3), l’efficacité énergétique (EUROPE 13139/11) et la performance énergétique des bâtiments (EUROPE 13195/10), l’Institut Jacques Delors préconise l’adoption d’un objectif de réduction de la demande de gaz obligatoire décliné au niveau national, avec notamment un processus de suivi rendu public et accessible, incluant des discussions avec le Parlement européen pour une trajectoire de réduction obligatoire de la consommation de gaz par État membre.
Il recommande également de renforcer la solidarité et la sécurité d’approvisionnement en encourageant la conclusion d’accords bilatéraux entre les États membres, en évaluant l’opportunité d’une éventuelle prolongation de remplissage des stockages de gaz jusqu’en 2027 (contre le 31 décembre 2025) par le biais d'une étude d’impact, ou encore en encourageant les gouvernements nationaux à inclure dans leurs mises à jour une trajectoire de réduction de la demande de gaz avec des objectifs chiffrés et graduels en matière de sobriété.
L'étude propose également d'appliquer le Plan d'action pour les pompes à chaleur, dont la parution est attendue fin 2023, à la rénovation performante de bâtiments ainsi que d'adopter une interdiction des nouvelles chaudières à gaz à l'horizon 2025.
Pour voir l'étude : https://aeur.eu/f/7vg (Pauline Denys)