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Bulletin Quotidien Europe N° 13212
CONSEIL EUROPÉEN / Migration

Confrontés aux blocages polonais et hongrois, les Vingt-sept vont à nouveau tenter d'adopter des conclusions sur la politique migratoire 

Les dirigeants européens ont à nouveau eu, jeudi 29 juin, une discussion tendue sur la migration, au cours de laquelle les dirigeants polonais et hongrois ont tenté d’obtenir des garanties sur le Pacte ‘asile et migration’ dont ils rejettent le volet 'solidarité', qui prévoit de verser de l’argent aux pays de première ligne à défaut de relocaliser chez eux des demandeurs d’asile.

Faute de consensus sur de nouvelles formulations et assurances demandées par ces deux pays, les Vingt-sept ont ainsi décidé, après plusieurs heures de discussion, de ne pas adopter le projet de conclusions sur ce sujet et de reprendre leurs échanges ce vendredi.

Les projets provisoires de conclusions ne contenaient pourtant que deux chapitres relativement consensuels dans lesquels les dirigeants devaient exprimer leur tristesse après le récent naufrage au large de la Grèce ayant fait au moins 78 morts et appeler la Commission à poursuivre ses travaux sur toutes les routes migratoires (EUROPE 13211/7).

Le dernier projet de texte daté du 28 juin avait, par ailleurs, intégré une référence à la nécessité de s’entendre sur des solutions « en ligne avec le droit international », alors que plusieurs pays membres militent pour des dispositifs d’externalisation de la gestion des migrations ou le retour de migrants dans des pays tiers avec lesquels ils n’ont pas de liens.

Jeudi, la fronde est surtout venue du Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, qui a demandé de revenir à la logique du consensus sur la migration, actée dans des conclusions du Conseil européen en 2018. Il a aussi réclamé une nouvelle aide financière, notamment pour l'accueil des réfugiés ukrainiens. Il a ainsi proposé des amendements en ce sens, soulignant encore au passage la nature volontaire de la relocalisation.

Dès le matin, le Premier ministre polonais avait en effet souligné le faible soutien reçu par son pays pour gérer les arrivées de réfugiés ukrainiens, « quelques dizaines d'euros par habitant par réfugié » alors que « dans le cas où un réfugié du Moyen-Orient n'est pas accepté, nous devons payer une amende de 20 000 euros ou plus ». « Ce n'est pas notre accord. C'est pourquoi nous proposerons et avons déjà proposé un référendum », a-t-il estimé.

La Pologne et la Hongrie ont tellement été « énervées d’être marginalisées » par les autres pays membres sur le Pacte ‘Asile et migration’, dont deux textes clefs ont été agréés à la majorité qualifiée des États membres le 8 juin (EUROPE 13197/1), « qu’ils ont voulu bloquer les conclusions », a confirmé le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, à l’issue de la première journée de travail.

Le Premier ministre belge, Alexander de Croo, a aussi fait le constat d’une « discussion compliquée » sur la migration et espéré que « la nuit portera conseil ».

Il a par ailleurs souligné le rôle « très constructif » de la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, l’Italie ayant été l’un des pays poussant le plus « pour des conclusions, continuer le travail et trouver des solutions pour convaincre  » ces deux pays.

Voir les conclusions du Conseil européen daté du 28 juin: https://aeur.eu/f/7u9   (Solenn Paulic avec la rédaction)

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