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Bulletin Quotidien Europe N° 13203
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Les Alliés poursuivent l’approfondissement de leur soutien à l’Ukraine

Les ministres de la Défense des pays alliés ont poursuivi, jeudi 15 et vendredi 16 juin, leurs travaux de soutien à l’Ukraine, qui a entamé sa contre-offensive.

« Les forces ukrainiennes ont intensifié leurs opérations le long de la ligne de front. Elles progressent régulièrement, mais elles sont confrontées à un terrain difficile, à des troupes russes retranchées et à des combats acharnés », a expliqué le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à l’issue de la réunion ministérielle, ajoutant qu’il était crucial que les Alliés renforcent leur soutien.

Il a donc salué l’annonce de la fourniture d’armes (EUROPE 13202/27) et de formation à l’Ukraine, en particulier l'initiative menée par les Pays-Bas et le Danemark pour commencer la formation de pilotes ukrainiens sur des avions de combat F-16, cet été. « Le fait que les Alliés commencent maintenant à entraîner (des pilotes) signifie également qu'il sera possible, à brève échéance, de prendre des décisions concernant la livraison d'avions », a-t-il expliqué, précisant que l’échéance dépendrait du temps nécessaire à la formation et de l’évaluation constante des besoins et de la manière la plus efficace d'aider Kiev.

Le secrétaire général a ajouté que les Alliés s’étaient engagés à accroître leur soutien dans le cadre du programme d'assistance global de l'OTAN. Les contributions et engagements s'élèvent actuellement à 500 millions d'euros.

Les Alliés travaillent également à l'élaboration d'un programme pluriannuel doté d'un financement substantiel pour aider à reconstruire le secteur ukrainien de la sécurité et de la défense et à assurer la transition de l'Ukraine vers une interopérabilité totale avec l'OTAN.

Sur l'aspect politique, les Alliés sont, selon M. Stoltenberg, proches d’un accord pour la création d'un nouveau Conseil OTAN-Ukraine. Contrairement à la Commission OTAN-Ukraine, l’Ukraine serait sur un pied d'égalité avec les Alliés de l'OTAN. Le Conseil se consulterait et prendrait des décisions sur des questions de sécurité d'intérêt mutuel. « Notre ambition est de tenir la première réunion du nouveau Conseil à Vilnius, avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky », a expliqué M. Stoltenberg.

Concernant une possible adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, le secrétaire général a précisé que les Alliés ne discuteraient pas d’une invitation à l’Ukraine à rejoindre l’Alliance au sommet de Vilnius, comme ce fut le cas pour la Suède et la Finlande lors du sommet de Madrid, tout en se disant confiant qu’une « bonne solution » et un « consensus » seraient trouvés à Vilnius sur la manière de rapprocher l’Ukraine de l’OTAN.

M. Stoltenberg a précisé que, quand la guerre prendra fin, les Alliés devront mettre en place un cadre qui garantisse la sécurité future de l'Ukraine. Interrogé sur la possibilité d’un accord de sécurité sur le même type que celui entre les États-Unis et Israël, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, s’est contenté de dire que les États-Unis se concentraient sur l’assistance à l’Ukraine pour qu’elle remporte le conflit.

Investir plus dans la défense

Au-delà du soutien à l’Ukraine, les ministres de la Défense des pays alliés ont discuté du renforcement de la dissuasion et de la défense de leurs pays. Ils ont notamment examiné les nouveaux plans régionaux et se sont penchés sur la nécessité d’accélérer la production des équipements militaires.

Les ministres ont également discuté des engagements de leurs pays concernant les dépenses de défense. En 2014, les Alliés s’étaient engagés à atteindre les 2% du PIB d’ici 2024, soit un objectif à 10 ans. « Aujourd'hui, la nécessité d'augmenter les dépenses de défense est imminente. Il ne faut pas s'en tenir à une perspective d'une décennie », a prévenu M. Stoltenberg. 

Selon M. Austin, un accord devrait être approuvé lors du sommet pour mettre à jour l’engagement des États membres de l'Organisation de dépenser au moins 2% de leur PIB en défense. Pour lui, de nombreux Alliés estiment que les 2% devraient être un plancher et non un plafond. Cela permettra d’assurer une défense collective crédible, la modernisation des capacités et le renforcement de la base industrielle de défense et l’interopérabilité des systèmes, a expliqué le secrétaire américain à la Défense.

Par ailleurs, jeudi, l’Allemagne, la Bulgarie, le Danemark et le Luxembourg ont rejoint l’initiative multinationale d’entreposage de munitions (MAWI), qui joue un rôle important dans le prépositionnement de stocks adéquats de munitions à l’appui des groupements tactiques multinationaux de l’OTAN sur le flanc est de l’Alliance. Avec ces quatre nouveaux pays, vingt-trois Alliés, la Suède et l’Agence OTAN de soutien et d'acquisition participent à la MAWI.

En outre, interrogé sur une nouvelle prolongation de son mandat en tant que secrétaire général de l'OTAN, M. Stoltenberg a précisé qu’il ne demandait pas de le prolonger. « Je n'ai pas d'autre projet que de mettre fin à mon travail ici à la fin de mon contrat », a-t-il souligné, ajoutant qu’il ne voyait pas d’extension de son mandat.

Des progrès dans la mise en œuvre de la coopération UE/OTAN

Le même jour, le Conseil de l’UE a pris note du huitième rapport sur l'état d'avancement de la mise en œuvre des 74 propositions communes entre l’UE et l’OTAN, qui souligne, pour la période juin 2022-mai 2023, « des résultats tangibles dans tout le spectre du programme de coopération, étayé par la poursuite d'un dialogue politique solide ».

« Assurer l'unité, la cohérence et la complémentarité des efforts déployés pour répondre à la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine, en particulier en soutenant le droit inhérent de l'Ukraine à l'autodéfense, a été une priorité essentielle tout au long de la période de référence », précise le rapport.

Il souligne aussi le développement de la coopération en matière de résilience, l’intensification des efforts et des interactions dans le domaine des exercices de gestion de crise ou encore la consolidation de la coordination concernant le renforcement des capacités de sécurité et de défense des pays partenaires.

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/7kg  (Camille-Cerise Gessant)

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