La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a ouvert la porte, jeudi 25 mai, à une possible future législation sur l’intelligence artificielle et son application au monde du travail.
S’exprimant à Berlin lors du 50e anniversaire de la Confédération européenne des syndicats, la présidente, qui a rendu hommage aux syndicats européens et leur travail de terrain quotidien grâce auquel « l’UE a les standards sociaux les plus élevés », a abordé des textes clefs de son mandat, notamment la directive sur les travailleurs des plateformes, à nouveau rejetée le 24 mai par les États membres (EUROPE 13187/23).
Rappelant qu’aucun algorithme ne doit pouvoir licencier un travailleur et qu’une supervision humaine doit toujours intervenir, la présidente a indiqué que son institution « regarde de près la possibilité de réguler l’usage de l’intelligence artificielle dans le monde du travail ».
Par ailleurs, Mme von der Leyen a insisté sur la nécessité d’offrir des possibilités d’emploi ou de formation à tous les Européens, notamment les jeunes, un « énorme potentiel dans lequel il faut investir », ou les femmes qui veulent avoir des enfants et ne doivent pas être pénalisées sur le marché du travail.
La présidente a été fortement applaudie en plaidant pour l’égalité salariale. « Il n'y a pas un seul argument pour justifier que, pour le même type de travail, une femme soit moins bien payée qu'un homme. Pas un seul argument, pas un seul ».
Mme von der Leyen a aussi estimé que « vivre de son travail » devait constituer « un principe de base de notre économie sociale de marché », appelant à lutter contre la pauvreté au travail.
Plateformes
L’Espagne a effectivement pris position, le 24 mai, contre le dernier texte de la Présidence suédoise et devrait, selon plusieurs sources, formuler de nouvelles pistes pour améliorer le texte sur le principe de la présomption de salariat.
Selon plusieurs sources, il n’est pas exclu que la Présidence suédoise du Conseil de l’UE sollicite à nouveau l'avis des États membres dès la semaine prochaine. (Solenn Paulic)