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Bulletin Quotidien Europe N° 13188
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'année de ses 25 ans, la BCE publie un rapport annuel marqué par le retour de l'inflation et des taux positifs

Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Luis de Guindos, a présenté devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen (ECON), jeudi 25 mai, le rapport annuel de la BCE pour 2022. Ce rapport est marqué par les conséquences de l’agression russe contre l’Ukraine, le retour de taux d’inflation élevés et la sortie des taux directeurs de la BCE du territoire négatif. 

Inflation

Luis de Guindos a évidemment évoqué l'inflation.

Il a indiqué qu’il entrevoyait une baisse de l’inflation globale, mais que la trajectoire de l’inflation sous-jacente serait différente. Il a indiqué qu’avec le retrait des mesures de soutien mises en œuvre de façon différenciée par les États membres, l’inflation globale représentera à court terme un indicateur moins fiable de l’évolution de l’inflation.

Le vice-président a suggéré de se référer plutôt aux statistiques de l’inflation sous-jacente et aux évolutions des prix des services.

Ces prix des services représentent d'ailleurs à ses yeux la partie « la plus inquiétante » pour ce qui concerne l'inflation.

M. de Guindos a estimé en outre que, selon les projections, les marges bénéficiaires, qui contribuent à l'inflation, allaient évoluer plus lentement à moyen terme en raison de la baisse de la demande. Selon lui, il faut observer davantage l’environnement économique et les conditions de financement, sur lesquels se fondent les réactions économiques des entrepreneurs et des travailleurs.

TPI

Interrogé sur l’instrument de protection de la transmission (TPI) par José Manuel Garcia-Margallo (PPE, espagnol), le vice-président a estimé : « Le TPI est là, nous espérons ne pas y faire appel », précisant que la situation sur les marchés était calme en dépit de la crise bancaire récente et que les spreads étaient stables.

Rémunération des réserves bancaires

En réponse aux questions de Paul Tang (S&D, néerlandais) sur les effets distributionnels de la hausse de taux et sur la rémunération des réserves bancaires, M. de Guindos a estimé que, pour faire face aux effets distributionnels, la politique fiscale était plus adaptée.

Le vice-président a estimé que le problème réel n’était pas tant la rémunération des réserves que la situation d’excès de liquidité. Selon lui, la réduction des liquidités stimulera la concurrence entre banques et, à ce propos, le remboursement des prêts obtenus au titre des TRLTRO lll en juin et la politique de la BCE contribueront à réduire ces liquidités.

Par ailleurs, M. de Guindos a indiqué que le Conseil des gouverneurs de la BCE analyserait la question des exigences de réserve obligatoires minimales.

Différentiel de rémunération des prêts et dépôts

M. de Guindos a répondu à Georgios Kyrtsos (Renew Europe, grec) et Paul Tang que l'augmentation des taux devrait se refléter non seulement sur les prêts, mais aussi sur les dépôts. Il a estimé que les banques ne réagissaient pas rapidement, car l’excès de liquidité ne les contraignait pas à se concurrencer. D’autre part, elles rattrapaient les pertes de la période des taux négatifs.

Cependant, il a indiqué que certaines banques augmentaient déjà la rémunération des dépôts, notamment en raison des déplacements des dépôts vers des fonds du marché monétaire offrant une meilleure rémunération et parce que les liquidités diminuaient.

Capacité fiscale européenne

Enfin, le vice-président a réaffirmé son soutien à une capacité fiscale européenne centralisée.

25 ans de la BCE

Cette audition intervenait au lendemain de la cérémonie marquant le 25e anniversaire de la BCE, établie le 1er juin 1998 à Francfort, en présence notamment de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, du président du Conseil européen, Charles Michel, et de la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué notamment que l’euro était plus qu’une monnaie et qu'il constituait la forme la plus forte d'intégration européenne. Mme Lagarde a affirmé qu'avec son engagement en faveur de la stabilité des prix, la BCE serait « toujours une pierre angulaire de cet effort ».

Christine Lagarde a ajouté que l’euro était ressorti renforcé des crises successives (crise financière, crise des dettes souveraines, Covid-19) et que l'Europe pouvait renforcer sa résilience sur deux volets. D'une part, en intégrant mieux ses marchés des capitaux, ce qui permettra à l’Europe d'être en mesure de faciliter les investissements dans les secteurs vert et numérique. D’autre part, en achevant l'Union bancaire afin que le secteur bancaire contribue à atténuer les risques lors des crises futures au lieu de les amplifier.

Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/72x (Émilie Vanderhulst)

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