Le Parlement européen a approuvé, mercredi 10 mai, la manière dont les institutions de l’UE ont exécuté le budget de l’UE en 2021, s’agissant de la première année des paiements de la Facilité pour la reprise et la résilience de l’UE (FRR).
La quasi-totalité des dépenses de l'UE est gérée par la Commission européenne. En 2021, le budget de l'UE a augmenté d'environ 30% par rapport à 2020, principalement en raison de l'argent dépensé dans le cadre du programme Next Generation EU.
Si les eurodéputés ont remis un avis positif sur la performance de la Commission (421 voix pour, 151 contre et 5 abstentions), reprenant à leur compte la décision de la commission du contrôle budgétaire du 22 mars (EUROPE 13147/21), ils ont également exprimé, dans une résolution accompagnant l’approbation de l’utilisation du budget de l’UE en 2021, leurs préoccupations quant aux possibilités limitées dont ils disposent pour vérifier l'utilisation des fonds de relance, à hauteur de 723,8 milliards d’euros.
Ils demandent également que les pays de l'UE qui reçoivent l'argent de l'UE protègent l'État de droit.
Ils sont particulièrement critiques quant à la façon dont la Commission évalue le seul paiement effectué en 2021 à l'Espagne, soulignant que toutes les étapes n'ont pas été correctement respectées avant que les fonds soient déboursés.
« Nous manquons encore d'informations claires sur le montant des fonds qui ont atteint l'économie réelle et sur le nombre de projets qui ont été concrètement réalisés », a exprimé Monika Hohlmeier (PPE, allemande), corapporteur de la décharge budgétaire de la Commission européenne.
Par ailleurs, les corapporteurs ont pointé du doigt des erreurs systémiques. « Le taux d'erreur des dépenses augmente à nouveau par rapport aux années précédentes et je suis préoccupé par le faible taux d'exécution des engagements, qui n'est que de 68%, ce qui ne fait qu'accroître les risques », a déclaré le corapporteur Jeroen Lenaers (PPE, néerlandais).
Enfin, les députés critiquent la Commission pour avoir surestimé les montants consacrés à l'action climatique (de 72 milliards d'euros) et lui demandent de présenter une proposition de règlement de l'UE afin d'accroître la transparence des ONG. (Pauline Denys)