Les eurodéputés ont insisté, mardi 9 mai à Strasbourg, lors d’un débat sur le lancement, le même jour, de l’Année européenne des compétences sur la nécessité d’inclure tous les groupes sociaux dans les programmes de formation professionnelle, y compris les plus vulnérables, et de promouvoir également, avec les nouvelles compétences requises pour les transitions verte et numérique, des emplois de qualité et bien rémunérés.
Les députés ont débattu des objectifs de cette Année européenne avec la ministre suédoise des Affaires européennes, Jessika Roswall, et le commissaire européen aux Affaires sociales et à l’Emploi, Nicolas Schmit.
Jessika Roswall a souligné qu’avec un marché du travail tout à fait différent avec l’intelligence artificielle, les compétences nécessaires changeront de fond en comble. Cette Année européenne devra donc permettre de lancer « le processus d’acquisition de nouvelles compétences et de reconversion des compétences » et devra mettre l’accent « sur les groupes les plus fragiles, comme les femmes ou les jeunes », a-t-elle ajouté.
De son côté, le commissaire européen espère que cette Année inscrira un processus dans la durée avec une culture durable de l’acquisition de compétences et le développement de « sociétés apprenantes » pouvant offrir à tout moment aux travailleurs une chance de se reconvertir et d’améliorer leur emploi, leurs conditions de travail « et leur vie » de manière générale.
Le commissaire a toutefois relevé que l’UE a encore du travail devant elle pour atteindre, d’ici à 2030, l’objectif de 60% de la population adulte étant en mesure de se former tout au long de la vie. La moyenne dans l’UE est de « 40% » actuellement, avec de grandes divergences entre les États membres.
Dans l’hémicycle, plusieurs élus ont insisté sur le fait d’offrir des formations payées aux travailleurs « pendant leurs heures de travail ». D’autres ont insisté sur la nécessité de mieux financer les systèmes éducatifs et les enseignements de formation professionnelle, certains appelant aussi à se préoccuper des enfants roms. (Solenn Paulic)