Des professionnels ont expliqué, mercredi 10 mai, en quoi les données de l'Observatoire européen des carburants alternatifs (EAFO) leur sont utiles, lors d’un séminaire en ligne organisé par l’Association européenne pour l'électromobilité (AVERE). Mais ils ont relevé quelques points à améliorer, notamment en vue du règlement 'AFIR'.
Lancé en 2015 par la Commission européenne, l’EAFO est un outil d’information sur les carburants alternatifs. Les parties prenantes peuvent y trouver, par exemple, des données sur les véhicules et les infrastructures ainsi que des informations sur les incitations publiques et la législation. Cet outil fournit également des analyses à la Commission.
L’EAFO constitue donc une base de données essentielle pour la mise en œuvre du règlement ‘AFIR’ relatif au déploiement d'une infrastructure pour carburants alternatifs, qui a fait l’objet d’un accord interinstitutionnel fin mars (EUROPE 13171/37). Cet accord prévoit l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques tous les 60 kilomètres sur le réseau transeuropéen de transports (RTE-T) central d’ici 2025 ainsi que des parcs de recharge capables de fournir au moins 400 kW d’ici 2026, puis de 600 kW en 2028.
Roderick van den Berg, directeur d’Eco Movement, fournisseur de données sur les bornes de recharge pour véhicules électriques, a expliqué comment son entreprise utilise les données de l’EAFO. L’entreprise catégorise, par exemple, les données selon la vitesse de charge ou l’accessibilité au public afin d’aiguiller ses clients, qui sont des spécialistes de la navigation, des développeurs de cartes ou des propriétaires de flottes.
« Comparer les chiffres de l’EAFO peut révéler des divergences, notamment selon les pays ou les sources d’information », a-t-il souligné. Selon lui, une collaboration avec les acteurs de l’industrie et une plus grande transparence aideront à avoir une représentation précise de l'infrastructure de recharge.
Selon Máté Csukás, de la société de conseil et de développement commercial spécialisée dans la mobilité zéro émission, FIER automotive, « il faut élargir et développer davantage le portail en termes de contenu et de fonctionnalités utilisateur ». Il faut fournir des données et des informations fiables ainsi que des points d'actualité, y compris les dernières mises à jour sur les législations européennes, et également le préciser pour les différents groupes cibles.
L'accessibilité du public sera davantage visible sur l’EAFO, d’après Kai Tullius, chargé de mission au sein de la direction générale des transports (DG MOVE) de la Commission européenne. Au départ, ce critère servait à distinguer les lieux accessibles à tous les publics de ceux qui étaient plus privés. En effet, certains constructeurs automobiles ont construit leur propre réseau.
« Nous ne faisons pas la distinction entre semi-public et public », a confirmé M. Tullius. Mais « faire cette distinction supplémentaire entre les deux peut en fait être utile, parce que, dans les faits, si un parking est réellement disponible pour tout le monde et pas seulement pour les clients d'un restaurant, cela fait une différence », a-t-il concédé. (Anne Damiani)