« Le temps presse et l'Europe n'a pas de temps à perdre ». Dans l’hémicycle strasbourgeois du Parlement européen, mercredi 10 mai, l’urgence d'agir a été le mot d’ordre du président portugais, Marcelo Rebelo de Sousa.
Son discours sur les défis auxquels l’Union européenne est confrontée, tenu à la suite d’un entretien bilatéral avec la présidente du PE, Roberta Metsola, s’est ainsi ouvert sur le constat d’une Europe qui a perdu ses illusions : « Nous étions nombreux à penser que l'on pouvait toujours repousser les réformes, le rapprochement des Européens et les élargissements pendant un certain temps. Mais combien de temps ? On ne le savait pas. Mesdames et messieurs, le temps de l'ajournement est bien fini (...). C'était un autre temps, un autre monde, une autre Europe ».
Prévenir les conflits. Et pour cause, au terme des sept années qui se sont écoulées depuis sa dernière allocution face aux eurodéputés (EUROPE 11531/4), Marcelo Rebelo de Sousa a dépeint une UE bouleversée par de nombreux changements et confrontée à une multiplicité d’enjeux.
La faute, notamment, à « deux années de pandémie et plus d'un an d’une guerre illégale, injuste et immorale » en Ukraine. Ce dernier point, le président portugais en a fait une priorité.
M. Rebelo de Sousa a ainsi exprimé son souhait de s'assurer qu'une « paix juste, légale et morale dans le respect du droit international et dans le respect des droits humains émerge du conflit ». Il a préconisé, en ce sens, de prévenir de nouvelles guerres et de « donner un nouvel avenir à ceux qui vivent dans l'incertitude économique et sociale ».
Une Europe forte. En outre, le chef de l’État portugais a souligné l'importance de l'unité de l'UE pour que celle-ci puisse jouer un rôle fort dans le monde ainsi que la nécessité de préparer soigneusement les pays candidats à l'adhésion à l'UE sur le plan économique et social. « L'absence de préparation débouchera sur une désillusion dramatique pour tous ceux qui sont déjà dans l'Union européenne et ceux qui attendent légitimement d'y entrer », a-t-il mis en garde.
Le président a également appelé à une définition « plus claire » de la gouvernance économique et financière à moyen et long termes pour guider la politique européenne. « Si nous remettons à demain cette définition claire, tout deviendra plus lourd et plus compliqué à régler », a-t-il estimé.
Renforcer les accords. L'importance de ne pas mettre un frein aux accords avec les pays d'autres continents et de promouvoir les valeurs de l'UE, notamment en matière de climat, de science, de développement numérique et de technologie, a également été mise en avant.
Se concentrer sur les citoyens. Par ailleurs, M. Rebelo de Sousa a rappelé aux eurodéputés l'importance de parier sur la jeunesse : « Pour moi, il n'y a pas de doute, l'Union européenne doit accélérer le changement générationnel. Elle ne veut pas oublier les moins jeunes qui ont été sacrifiés sur le plan économique et social en raison de la pandémie et de la guerre ». Il s’agit également d’empêcher que les jeunes Européens s’éloignent des institutions européennes, ce qui pourrait favoriser le développement du populisme et des mouvements anti-système.
Il a enfin appelé le PE à être plus concret dans ses actions et à se concentrer sur les préoccupations quotidiennes des citoyens européens. (Nithya Paquiry)