La Banque centrale européenne (BCE) a publié, vendredi 5 mai, les résultats de son enquête auprès des prévisionnistes professionnels pour le second semestre 2023 (SPF). Leurs projections reflètent certains développements récents, comme la baisse des prix de l'énergie.
Les anticipations des 58 répondants concernant l'inflation globale IHPC ont été révisées sensiblement par rapport à l'enquête précédente, qui date de février.
Leurs projections sont en baisse pour 2023 (5,6%, contre 5,9%) et pour 2024 (2,6%, contre 2,7%), reflétant la détente des pressions inflationnistes sur les prix de l'énergie.
Pour 2025, les prévisionnistes ont revu leurs prévisions légèrement à la hausse (2,2%, contre 2,1%).
Leurs prévisions de long terme restent inchangées à 2,1%.
Les attentes des prévisionnistes concernant l’inflation sous-jacente (ICPH hors alimentation et énergie, alcool et tabac) en 2023 ont été révisées à la hausse par rapport à l'enquête précédente, avec une inflation sous-jacente pour 2023 à présent attendue à 4,9%, contre 4,4% auparavant. Les prévisions restent inchangées à moyen et court terme.
Les répondants estiment que l'évolution des marges bénéficiaires a exercé une influence plus importante sur l'inflation sous-jacente jusque récemment. En revanche, les répondants estiment que l'évolution des salaires jouera un rôle plus important par la suite.
En ce qui concerne la croissance (produit intérieur brut réel), les répondants se montrent plus confiants à court terme. Les prévisionnistes se montrent plus optimistes par rapport à l’enquête précédente de 2023 (0,6% au lieu de 0,2%), en raison notamment du report de la meilleure performance de la croissance en fin 2022.
Les répondants mentionnent également l’effet bénéfique sur la confiance à court terme de deux éléments : les résultats satisfaisants de la lutte contre la crise énergétique et l’effet stabilisateur de la politique budgétaire en zone euro.
Toutefois, à moyen terme, les projections de croissance sont à la baisse pour 2024 (1,2%, contre 1,4%) et 2025 (1,6%, contre 1,7%). Cela reflète, selon la BCE, les tensions récentes sur les marchés financiers et le resserrement des conditions de financement.
Les répondants anticipent également de nouvelles mesures restrictives de la politique monétaire de la BCE.
L’ombre d’une légère récession possible aux États-Unis fin 2023 et les conséquences de l'agression militaire russe contre l'Ukraine pèsent aussi sur les prévisions de croissance, notamment à moyen terme.
Les prévisions de long terme restent inchangées, avec une croissance estimée à 1,4%.
Sur le front de l’emploi, les répondants sont plus optimistes et revoient leurs prévisions de chômage (unemployment) légèrement en baisse par rapport à l'enquête précédente pour 2023 (6,8%, contre 7%), 2024 (6,8%, contre 6,9%) et 2025 (6,6%, contre 6,7%). À long terme, les perspectives sont revues très légèrement à la hausse (6,5%, contre 6,4%).
Enfin, les prévisionnistes entrevoient une augmentation du taux d'intérêt des opérations principales de refinancement de la BCE à 3,75% au deuxième trimestre 2023, à 4,0% au troisième trimestre et pour toute l'année 2023 et une baisse à 3,0% en 2025.
Lien vers l'enquête : https://aeur.eu/f/6qf (Émilie Vanderhulst)