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Bulletin Quotidien Europe N° 13176
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ACTION EXTÉRIEURE / Climat

Sheena Anderson encourage une approche féministe de la politique étrangère climatique

« Ce qui aurait pu sembler trop radical il y a quelques années est aujourd'hui quelque chose que nous envisageons activement, à savoir, une approche féministe de la politique étrangère en matière de climat ».

Invité à un webinaire de CAN Europe, vendredi 5 mai, Sheena Anderson, représentante du ‘Centre for Feminist Foreign Policy’ (CFFP), s’est exprimée au sujet des solutions apportées par une politique climatique étrangère, notamment au sein de l’UE. Le panel, intitulé « How can the EU progress towards ambitious and feminist foreign climate policy? », s’inscrivait dans la continuité du Dialogue de Petersberg (EUROPE 13173/6).

Selon Mme Anderson, la récente prise en considération de cette approche féministe de la politique étrangère en matière de climat est « le fruit d'une décennie d'efforts de la part de la société civile féministe ». « Les femmes et les autres personnes marginalisées sont touchées de manière disproportionnée par la crise climatique », a-t-elle déclaré. 

Néanmoins, selon le CFFP, les grandes conférences sur le climat resteraient « très exclusives, très élitistes et tout sauf féministes». Mme Anderson estime que pour contrebalancer cela, il faudrait aborder la crise climatique comme un défi intersectionnel : « Il ne s'agit pas d'une crise que nous résoudrons avec des solutions technologiques ou en menant une vie plus durable. Il s'agit d'une crise sociale, et les personnes les plus marginalisées, qui sont les premières touchées, sont aussi les premières à trouver des solutions ».

Cette approche tendrait donc à repenser la politique étrangère et de sécurité afin qu'elle ne donne pas la priorité à la sécurité des États, mais à celle des individus. En remettant en question les « structures oppressives », cette approche garantirait également « la protection de la planète et de la vie qui s'y trouve », a souligné Mme Anderson. 

Plusieurs pays ont déjà lancé des processus pour une politique étrangère féministe. C’est le cas, au sein de l’UE, de la Suède, de l’Espagne ou encore de la France. 

Or, selon Sheena Anderson, si l'on examine tous les pays qui ont jusqu'à présent adopté une politique étrangère féministe, « on constate que le climat et la politique étrangère féministe ou le genre sont généralement traités non pas comme des questions liées, mais de manière tout à fait distincte ».

« L'Allemagne est désormais le premier pays à développer ces stratégies en même temps et à nous permettre de voir comment elles sont mises en œuvre, ce qui constitue, je pense, une occasion unique de montrer l'exemple », a-t-elle précisé. Berlin a recemment publié ses lignes directrices « Façonner la politique étrangère féministe » et sa stratégie pour une politique de développement féministe.

Au terme des échanges, CAN Europe a néanmoins fait le constat de lacunes concernant l’approche féministe de la diplomatie climatique de l’UE.

La directrice de CAN Europe, Chiara Martinelli, a suggéré, comme points de départ pour passer progressivement à une approche féministe, de veiller notamment à ce que la justice de genre soit une composante obligatoire du suivi et de l'évaluation des progrès de l'UE sur les dimensions extérieures du 'Pacte vert pour l'Europe' et à agir pour que la justice de genre soit activement intégrée dans tous les travaux de diplomatie climatique entrepris par le Service européen pour l'action extérieure. (Nithya Paquiry)

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