Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a estimé, vendredi 5 mai, que si l’Ukraine perdait la guerre, elle pourrait devenir une seconde Biélorussie.
« La guerre ne peut pas simplement se terminer parce que l'Ukraine n'est pas en mesure de se défendre et doit se rendre. Les troupes russes seront aux frontières polonaises. L'Ukraine deviendra une deuxième Biélorussie. Voulez-vous ce genre de fin de guerre ? Non », a-t-il mis en avant lors d’un débat au ‘State of the Union’, à Florence.
M. Borrell a appelé tous les dirigeants qui disent qu’ils veulent la paix à pousser la Russie à se retirer d’Ukraine, expliquant que son message à Vladimir Poutine était d’« arrêter la guerre, d’arrêter les bombardements et de retirer ses troupes d’Ukraine ». « Je sais qu’il ne le fera pas », a-t-il regretté.
Plus tôt dans la journée, dans un communiqué, le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure avait dénoncé une nouvelle escalade de la violence cette semaine en Ukraine, avec « des bombardements de plus en plus aveugles et sanglants de zones civiles ». « Des frappes de missiles et de drones ont de nouveau ciblé Odessa et la capitale, Kiev », a-t-il condamné, précisant que cela s’ajoutait aux attaques aveugles russes contre des infrastructures civiles dans la région de Kherson à l'aide d'artillerie lourde, frappant notamment un grand supermarché, une gare et une station-service, faisant au moins 20 morts et près de 50 blessés.
« Ce massacre inconsidéré de civils et la destruction d'infrastructures civiles doivent cesser immédiatement », a rappelé le porte-parole. Selon lui, les attaques russes aveugles contre des installations civiles constituent des crimes de guerre pour lesquels les responsables devront rendre des comptes. (Camille-Cerise Gessant)