Dès les premières lignes de son rapport 2023 sur l'état de la démocratie, des droits humains et de l'État de droit en Europe, publié vendredi 5 mai, Marija Pejčinović Burić, Secrétaire générale du Conseil de l’Europe, appelle les dirigeants européens, qui se retrouveront pour le 4e Sommet de l’Organisation à Reykjavik les 16 et 17 mai, à y « faire la preuve de leur détermination pour que la Fédération de Russie soit le premier et le dernier pays à s’affranchir de nos normes et à quitter le Conseil de l’Europe ».
Appel d’autant plus pressant qu’au-delà de la guerre en Ukraine, « qui a eu des conséquences profondes pour la géopolitique en Europe et dans le monde », « la démocratie continue de reculer dans de nombreux domaines », alerte Marija Pejčinović Burić.
Et de citer l’augmentation des actes de violence, de surveillance et d’intimidation à l’encontre des journalistes, le recul de la liberté de manifester, la multiplication des obstacles au travail des ONG, la polarisation de l’environnement politique et l’accroissement des discours de haine visant souvent les femmes, les minorités et les groupes vulnérables.
« Ces tendances politiques ne se retrouvent pas partout », souligne la Secrétaire générale, qui tient à citer des évolutions positives dans certains États membres avec, parmi celles-ci, des progrès dans la lutte contre les violences faites aux femmes et la violence domestique, une meilleure protection des droits de l’enfant, une intensification des efforts pour lutter contre les discours de haine.
La qualité de l’accueil des réfugiés ukrainiens est également soulignée.
Reste que des vents mauvais frappent les démocraties européennes.
Pour les contrer, la Secrétaire générale rappelle aux États membres l’importance du respect des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, souligne la nécessité de poursuivre l’aide à l’Ukraine, insiste sur la coopération avec l’Union européenne (autant de thèmes qui seront à l’ordre du jour du Sommet) et confirme que le Conseil de l’Europe sera aux côtés la Moldavie, de la Géorgie et d’autres pays pour les aider à entreprendre les réformes nécessaires à leur adhésion à l’UE.
De nouveaux instruments en matière de respect des droits humains sont à l’étude, rappelle-t-elle également.
Ils concernent l’Intelligence artificielle et le droit à un environnement sain, thèmes qui seront également traités lors du Sommet.
« L’Europe ne peut pas revenir à l’état sauvage », conclut Marija Pejčinović Burić.
« Reykjavik sera le test décisif pour nous tous ».
Lien vers le rapport annuel : https://aeur.eu/f/6qh (Véronique Leblanc)