login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13165
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Naufrages en mer et situation de l'Italie, les groupes politiques du PE restent divisés sur les réponses à apporter à la hausse des arrivées

Les eurodéputés ont à nouveau débattu, mardi 18 avril au soir à Strasbourg, des moyens d’éviter les tragédies et les morts de migrants en mer Méditerranée et de faire preuve de solidarité envers les pays de première ligne, comme l’Italie, où le gouvernement vient de décréter une situation d’état d’urgence pour six mois face aux arrivées.

Ce débat, obtenu lundi 17 avril par le S&D quand le groupe PPE plaidait, lui, pour une discussion davantage axée sur la question des flux croissants d’arrivées illégales, a à nouveau révélé les divergences entre les groupes sur les réponses concrètes à apporter à la hausse des arrivées. 

Accusé par le S&D de se rallier de plus en plus aux groupes d'extrême droite, le groupe PPE est ainsi parvenu, mercredi 19 avril, à faire adopter un amendement sur la prise en charge des clôtures anti-migrants par le budget européen pour 2024 (lire article lié) avant que le rapport ne soit recalé.

Et de leur côté, les groupes CRE et ID ont réussi à obtenir suffisamment de signatures pour mettre au vote jeudi 20 avril les mandats adoptés le 28 mars en commission des Libertés civiles du PE sur le ‘Pacte asile et migration’ (EUROPE 13151/6) relatifs à la gestion de la migration et de l'asile (RAMM), au filtrage des migrants et à l'instrument de gestion des crises. 

Une démarche qui ne devrait pas remettre en cause les mandats approuvés en commission, mais mal accueillie par le Suédois Tomas Tobé (PPE), rapporteur sur le RAMM, qui montre, selon lui, que l'extrême droite européenne ne « cherche pas de solutions » et « abandonne ses responsabilités ».

Ces groupes ont aussi réussi à imposer un vote sur la directive relative au statut des personnes des pays tiers qui sont résidents de longue durée (EUROPE 13151/7).

La plupart des groupes ont certes rappelé, mardi, l’urgence de s’accorder sur le ‘Pacte’ et d'une réponse commune européenne, mais ils ne partagent pas les mêmes priorités, le groupe PPE insistant sur la protection des frontières extérieures et la prévention des arrivées irrégulières en travaillant avec la Tunisie, a dit le Néerlandais Jeroen Lenaers. À ce rythme (plus de 30 000 personnes arrivées en Italie depuis le début de l’année), les États membres ne pourront bientôt plus faire face, a ajouté le député.

Le groupe CRE, quant à lui, a balayé la possibilité, comme le demandent le groupe S&D et le député italien Pietro Bartolo, de mettre en place une nouvelle grande opération européenne de sauvetage en mer calquée sur l'opération italienne Mare Nostrum, entre 2013 et 2014, partiellement remplacée par l'opération Triton de Frontex.

Quant à La Gauche, le groupe a critiqué, par la voix de l'Espagnole Sira Rego, des réponses européennes pas tellement différentes des réponses « racistes » que recouvrent, selon elle, le décret du gouvernement de Giorgia Meloni.

La ministre suédoise des Affaires européennes, Jessika Roswall, de son côté, a également insisté sur le besoin « d’unir nos forces pour trouver des terrains d’entente » sur le ‘Pacte’. « Nous avons besoin d’un système qui marche en interne pour pouvoir gérer la dimension externe » des migrations, a-t-elle dit, reconnaissant que la situation en Tunisie « nous affecte ».

Le commissaire Johannes Hahn a rappelé que l’Italie est le pays le plus aidé par les fonds européens, avec « plus de 2 milliards d’euros depuis 2015 » de fonds 'asile' et 'migration' et de nouvelles aides urgentes à l’étude.

Comprenant l’instauration de l’état d’urgence dans le pays, il a indiqué que la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, se rendra en Tunisie à la fin du mois pour évoquer de nouveaux partenariats, la Tunisie ayant remplacé la Libye dans le nombre de départs de migrants. Il s’agira de parler des « alternatives » à ces traversées en mer.

Une telle situation ne peut en tout cas être gérée par un État membre « seul », a ajouté le commissaire, appelant les colégislateurs à faire « leur possible » pour adopter le ‘Pacte’ sous ce mandat. (Solenn Paulic)

Sommaire

Invasion Russe de l'Ukraine
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INFRACTIONS AU DROIT DE L'UE
BRÈVES