Le Parlement européen a adopté (323 voix pour, 257 contre et 59 abstentions), mardi 18 avril, un rapport d'initiative sur les cycles du carbone durables. Si les eurodéputés approuvent, par là, le potentiel de la gestion du carbone pour limiter le changement climatique, ils rappellent en outre la priorité que doit donner l’UE aux réductions d’émissions.
Et pour cause, les eurodéputés mettent en garde sur un trop grande confiance accordée aux futures absorptions de carbone, pour atteindre des émissions nettes négatives après 2050.
Par ailleurs, le PE prend note de la proposition de règlement de la Commission européenne (EUROPE 13074/9) pour établir un cadre de certification de l'UE pour les absorptions de carbone et son intention de mettre en place un cadre pour identifier les activités qui éliminent le carbone de l'atmosphère. Les eurodéputés soulignent que ce nouveau cadre de surveillance, de déclaration et de vérification (MRV) devrait être utilisé pour encourager les absorptions de carbone.
Comme cela avait déjà été le cas le 2 mars dernier, lors du vote du texte porté par Alexander Bernhuber (PPE, autrichien) au sein de la commission de l’environnement (ENVI) du PE (EUROPE 13133/7), les eurodéputés soulignent l'importance de l'agriculture et de la sylviculture dans la lutte contre le changement climatique et dans la réalisation des objectifs européens d'élimination des émissions de carbone du secteur de l'utilisation des terres.
Ils appellent également à la collecte et à la vérification de données sur les émissions et les absorptions des exploitations agricoles avant 2026, afin de les utiliser dans le cadre de la législation sur le système alimentaire durable et dans la prochaine réforme de la politique agricole commune.
Les députés estiment également que l'agriculture carbone est une opportunité pour les agriculteurs de transformer leur modèle économique en faveur de pratiques agroécologiques et agroforestières durables. Il s'agirait donc d'un moyen de récompenser les agriculteurs qui s'engagent volontairement dans une transition vers des pratiques durables, tout en améliorant la qualité et la fertilité des sols.
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