Condamnant dans des termes forts la déportation d’enfants ukrainiens en Russie, qualifiée par certains de crime de guerre ou de forme de génocide, les représentants des groupes politiques du Parlement européen ont demandé, mercredi 19 avril, l’exécution du mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du président russe, Vladimir Poutine, et de sa commissaire aux droits des enfants, Maria Lvova-Belova.
Lors du débat en session plénière, la ministre suédoise Jessika Roswall, au nom du Conseil de l’UE, tout comme la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová, ont elles aussi insisté sur la nécessité de la part de tous les pays partie à la CPI de respecter le mandat.
16 000 enfants ukrainiens seraient concernés et seulement 300 auraient été rendus à leurs familles.
Selon Jaak Madison (estonien), au nom du groupe ID, l’UE devrait envoyer un message « très clair » aux pays tiers partie de la CPI d’un risque de conséquences très claires, telles que des sanctions ou une baisse du soutien financier, s’ils n’arrêtent pas M. Poutine s’il se rend sur leur territoire.
« Depuis longtemps, nous disons ‘plus jamais cela' », a expliqué Rasa Juknevičienė (PPE, lituanienne), rappelant les déportations sous l’URSS, y compris sa famille, quand d’autres députés ont fait référence aux nazis. Selon elle, le mandat de la CPI donne l’espoir que cette fois, les responsables seront jugés pour « que ‘plus jamais’ ne reste pas que des mots ».
Au nom de Renew Europe, Petras Auštrevičius (lituanien) a appelé l’UE et la communauté internationale « à déployer tous les moyens possibles pour localiser et faire revenir les enfants ». La Suédoise Malin Björk, pour La Gauche, a également estimé qu'il fallait réagir à ces déportations avec tous les moyens à la disposition des Européens.
S’adressant directement au président russe, Pedro Marques (portugais), au nom du groupe S&D, a demandé à M. Poutine, s’il avait « une once d’humanité », de mettre un terme à la déportation des enfants et de les renvoyer chez eux. « Un jour, ils se souviendront et nous allons faire en sorte qu'ils se souviennent et ils se retourneront contre vous », a-t-il prévenu.
Plus largement, de nombreux députés européens ont apporté leur soutien au travail de la CPI. « Il faut renforcer la CPI, plus de pays doivent y participer », a plaidé M. Björk. Mme Roswall a aussi appelé à un soutien supplémentaire de la Cour tandis que Mme Jourová a rappelé que la Commission avait donné 10 millions d’euros pour l'aider dans ses travaux en Ukraine.
La vice-présidente a également expliqué que l’UE avait pris des sanctions dans le cadre des déportations à l’encontre de 16 personnes, dont Mme Lvova-Belova, et qu’il était « possible » que d’autres suivent. (Camille-Cerise Gessant)