L'exposition alimentaire au bisphénol A (BPA) est un problème de santé pour les consommateurs de toutes les tranches d'âge, ont conclu les experts scientifiques de l'EFSA, dans un avis publié mercredi 19 avril à l’issue d'une réévaluation des risques pour la santé publique du BPA présent dans les aliments.
Cette substance chimique, utilisée en combinaison avec d'autres produits chimiques pour fabriquer certains plastiques et résines utilisés dans les contenants alimentaires, peut migrer en très petites quantités vers les aliments et les boissons qu'ils contiennent.
Le BPA était déjà reconnu comme perturbateur endocrinien. L'examen de nombreuses publications scientifiques, dont 800 nouvelles études publiées depuis 2013, « a permis de lever des incertitudes importantes sur la toxicité » de cette substance, souligne l'EFSA dans un communiqué - incertitudes dont elle faisait état dans son évaluation de 2015.
L'EFSA a désormais identifié des risques pour les mécanismes d'immunité cellulaire.
Elle propose en conséquence d'abaisser sensiblement la dose journalière tolérable (DJT) pour le BPA, c'est-à-dire la quantité qui peut être ingérée quotidiennement tout au long de la vie sans présenter de risque appréciable pour la santé.
La nouvelle DJT proposée est environ 20 000 fois plus faible. Elle est de 0,2 nanogramme (0,2 milliardième de gramme) par kilogramme de poids corporel et par jour. La précédente limite, établie en 2015 à titre temporaire, était de 4 microgrammes (4 millionièmes de gramme) par kilogramme de poids corporel et par jour.
En comparant la nouvelle DJT avec les estimations de l'exposition alimentaire au BPA, les experts de l'EFSA ont conclu que les consommateurs ayant une exposition moyenne et élevée au BPA dans tous les groupes d'âge dépassaient la nouvelle DJT, ce qui indique des problèmes de santé.
L'avis scientifique de l'EFSA, qui avait été demandé en 2016 par la Commission européenne, va maintenant alimenter les discussions entre les législateurs de l'UE sur les mesures réglementaires à prendre pour protéger les consommateurs.
Voir l'avis scientifique (en anglais) : https://aeur.eu/f/6di (Aminata Niang)