Le président du Conseil de supervision unique (SSM), Andrea Enria, s'est dit « très préoccupé » par le fonctionnement « très opaque » des marchés de couverture contre le risque de crédit ('credit default swap' ou CDS), malgré le renforcement du cadre réglementaire entrepris après la crise financière de 2008, et ses possibles répercussions négatives sur les marchés de capitaux, mardi 28 mars, lors d'une conférence à Francfort sur la supervision bancaire.
Il existe des marchés « très opaques, très peu profonds et très illiquides », comme celui des instruments CDS monoémetteurs ('single-name CDS'), a considéré M. Enria. Et d'ajouter : « Avec quelques millions, vous pouvez modifier les spreads des CDS de banques dont les actifs se chiffrent en milliards d'euros, contaminer les cours des actions et peut-être aussi les retraits de dépôts ».
Il a émis l'idée que le Conseil de stabilité financière (FSB) examine le fonctionnement réel de ces marchés au niveau international.
Vendredi 24 mars, le dévissage en bourse de Deutsche Bank avait été précédé par une forte hausse du coût de couverture contre le défaut de la plus grande banque allemande (EUROPE 13149/1).
Face au renchérissement des conditions de crédit sur les marchés provoqué par la normalisation de la politique monétaire de la BCE, M. Enria a également estimé nécessaire que les superviseurs évaluent la façon dont les banques gèrent les risques liés aux taux d'intérêt et à la liquidité, deux types de risques ayant poussé la banque américaine Silicon Valley Bank à la faillite.
Le Conseil SSM conduira en 2024 les tous premiers tests de résistance aux cyberrisques affectant le secteur bancaire européen. (Mathieu Bion)