Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a dénoncé, mercredi 29 mars, la décision, la veille, de la Commission électorale de l'Union de la Birmanie, nommée par l'armée, de dissoudre quarante partis politiques.
« Cette décision est une nouvelle preuve du manque flagrant de respect du régime militaire pour la démocratie et les droits et souhaits de la population de la Birmanie et démontre la détermination du régime militaire à éradiquer toute opposition démocratique et pacifique à son régime », a-t-il souligné dans une déclaration au nom de l’UE.
Le Haut Représentant a estimé que seul un processus politique ouvert à tous, associant, notamment, les partis politiques démocratiques, la société civile, les chefs religieux et les dirigeants des minorités, permettrait de sortir de la crise prolongée et « d’ouvrir la voie à un véritable processus démocratique qui refléterait véritablement la volonté des Birmans et contribuerait ainsi à la réconciliation interne et à la stabilité ».
Il a réitéré le soutien de l’UE aux efforts de l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN ou ANASE), appelant à des progrès dans le cadre de l'examen de révision de novembre 2022 du consensus en cinq points de l'ANASE (EUROPE 12706/18). « Il est d'autant plus urgent de le faire que de plus en plus d'informations font état des atrocités commises quotidiennement par l'armée dans l'ensemble de la Birmanie », a-t-il prévenu.
Les partis politiques, dont la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi et d’autres partis ayant remporté les suffrages de la grande majorité des électeurs lors du scrutin du 8 novembre 2020 ont été dissous, car ils n'étaient pas enregistrés auprès du régime militaire en vertu de la loi sur l'enregistrement des partis politiques. (Camille-Cerise Gessant)