Plusieurs représentants de l'UE ou des États membres se sont déplacés dans les pays du Mercosur dernièrement et tous ont eu un mot pour l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, qui suscite de plus en plus d'impatience. La prochaine étape est la signature de l'accord, avant sa ratification.
« J'aimerais que nous puissions le faire avant la fin de la Présidence suédoise », a affirmé le vice-président de la Commission européenne chargé du 'Pacte vert', Frans Timmermans, à Mexico le 30 janvier. Il a ainsi fait écho au chancelier allemand, Olaf Scholz, qui a visité plusieurs pays d'Amérique latine ces derniers jours et a dit espérer « une conclusion rapide » du dossier.
La Commission est plutôt confiante, car il y a « de nouveaux arguments sur la table », d'après Frans Timmermans.
La présence de Lula au pouvoir au Brésil en est un, pour lui, mais aussi le fait que le président brésilien a nommé une ministre de l'Environnement, Marina Silva, connue pour son engagement contre le réchauffement climatique.
Toujours pas question de rouvrir les négociations
« Les préoccupations légitimes du public sur les problèmes liés à la déforestation et au développement durable sont bien mieux traitées par la législation européenne que par l'accès conditionné aux produits sur le marché unique », selon Paolo Garzotti, responsable pour les Amériques à la direction générale du Commerce de la Commission européenne. Il a notamment mentionné le récent règlement sur la déforestation importée alors qu'il était invité à un séminaire organisé par le média Euractiv.
La Commission s'est toujours dite opposée à une réouverture des négociations, de peur de fragiliser l'équilibre atteint ; pourtant, du côté du Mercosur, plusieurs politiques ont pointé du doigt ces derniers mois un accord pas assez équitable à leurs yeux. L'accord prend en compte les inquiétudes de chacun sur les flux commerciaux dans les deux sens, mais « nous devons nous asseoir avec les partenaires et nous assurer qu'on est bien d'accord là-dessus », a indiqué Paolo Garzotti.
Enfin, la question de séparer ou non la partie commerciale de l'accord pour la faire ratifier plus rapidement du côté UE (par le Parlement européen seulement) n'est pas encore tranchée, a-t-il ajouté. Pour les pays du Mercosur, cela n'a finalement pas tellement d'importance, d'après l'ambassadeur du Brésil auprès de l'UE, Pedro Miguel da Costa e Silva.
Cette option, qui a été retenue pour l'accord avec le Chili, est sur la table et elle n'enlèverait rien à la légitimité démocratique de l'accord commercial, car celui-ci doit être approuvé par le Parlement européen, pour M. Garzotti : « Dans un tel cas, ce serait une expression parfaitement légitime du peuple européen », a-t-il insisté. (Léa Marchal)