Le réseau social Twitter, propriété de l’entrepreneur américain Elon Musk, a suspendu, jeudi 15 décembre, les comptes de plusieurs journalistes travaillant pour CNN, le New York Times et le Washington Post ou en tant que journalistes indépendants. Cette décision, sur laquelle Twitter n’a pas donné d’explications, a provoqué des inquiétudes du côté de l’UE.
« Les nouvelles concernant la suspension arbitraire de journalistes sur Twitter sont inquiétantes. La législation sur les services numériques (DSA) (EUROPE 13068/6) exige le respect de la liberté des médias et des droits fondamentaux. Cette exigence est renforcée par notre législation sur la liberté des médias (EUROPE 13074/44) », a réagi, sur Twitter, la vice-présidente de la Commission européenne, Věra Jourová.
« Elon Musk devrait en être conscient. Il y a des lignes rouges. Et des sanctions, bientôt », a-t-elle complété, alors que le DSA, en vigueur depuis le 16 novembre dernier, prévoit, en cas de manquements, des sanctions pouvant aller jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial.
Ce n’est pas la première fois que le patron de Twitter se fait rappeler à l'ordre par la Commission européenne. Peu après le rachat de Twitter par M. Musk, le commissaire chargé du Marché intérieur, Thierry Breton, avait rappelé au milliardaire américain que le réseau social devrait fonctionner « selon les règles européennes » (EUROPE 13054/14).
Depuis, les craintes européennes avaient augmenté avec le démantèlement, le 24 novembre, du bureau bruxellois de l’entreprise, après le départ des deux cadres basés à Bruxelles chargés de mettre la plateforme en conformité avec les règles européennes (EUROPE 13071/4). (Thomas Mangin)