Réagissant ce 16 décembre à la condamnation et à l’interdiction politique infligées en première instance au maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, mercredi 14 décembre, Leendert Verbeek, président du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, s’est déclaré « extrêmement préoccupé par cette décision ».
Celle-ci « non seulement viole les droits d’Ekrem İmamoğlu lui-même, mais elle ne tient pas compte, une fois de plus, des suffrages exprimés par les électeurs d’Istanbul. C’est une atteinte directe à la démocratie locale ». Elle est « très préoccupante pour l’état de la démocratie en Turquie », a-t-il ajouté.
La veille, John Howell (CE/AD, Royaume-Uni) et Boriss Cilevičs (SOC, Lettonie), corapporteurs de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur la Turquie, s’étaient déclarés « consternés » par « cette affaire, qui illustre une nouvelle fois l’environnement restrictif et répressif dans lequel les membres de l’opposition évoluent en Turquie », sujet sur lequel l’Assemblée parlementaire a adopté une résolution lors de sa plénière d'octobre dernier.
La confirmation de ce verdict à quelques mois d’échéances électorales nationales représenterait « un signal grave pour la démocratie turque » », soulignent les corapporteurs, à l’instar de Leendert Verbeek.
Ils « exhortent une nouvelle fois les autorités turques à supprimer les dispositions du Code pénal dont l'utilisation abusive restreint, année après année, la liberté d'expression et justifie des procédures qui relèvent du harcèlement judiciaire de l'opposition », hypothéquant ainsi « sa pleine capacité à contribuer au débat démocratique et, de surcroît, au processus électoral ». (Véronique Leblanc)