À l'Organisation mondiale du commerce (OMC), jeudi 15 décembre, les membres n'ont même pas réussi à approuver un rapport faisant état de leur désaccord. Ils devaient décider, d'ici au 17 décembre, d'étendre ou non l'accord trouvé en juin sur la propriété intellectuelle des vaccins anti-Covid-19 pour que celui-ci couvre éventuellement les traitements et outils de diagnostic (EUROPE 12974/2, 13079/34).
Alors que les négociations étaient au point mort depuis plusieurs mois, l'ambassadeur du Sierra Leone, Lansana Gberie, qui préside les discussions, a proposé de soumettre un rapport factuel au Conseil général de l'OMC les 19 et 20 décembre, au nom de tous les membres. Le document explique l'absence de consensus et le besoin de continuer les discussions dans le but de revenir vers le Conseil général « au plus tard le 30 juin 2023 ».
Si les pays dits « développés », y compris l'UE, ont approuvé le rapport, un groupe de délégations comprenant l'Afrique du Sud, l'Inde, le Sri Lanka, le Pakistan, l'Égypte et la Tanzanie a demandé plusieurs changements au texte, lors d'une réunion le 15 décembre, d'après une source genevoise.
Ces pays voulaient notamment que leurs efforts pour étendre l'accord aux traitements et outils de diagnostic soient davantage reconnus par écrit. Ils demandaient aussi d'évoquer le rôle de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la réponse à la Covid-19, mais les pays développés s'y sont opposés. La discussion à l'OMC concerne la propriété intellectuelle, qui n'est pas dans les compétences de l'OMS, ont indiqué ces derniers, d'après la même source.
La date limite du 30 juin 2023 a également suscité des désaccords pour certaines délégations, qui préféraient faire référence au premier Conseil général de l'OMC, ce qui raccourcit largement le délai, puisque la prochaine réunion de cet organe doit avoir lieu le 2 mars 2023, d'après le calendrier indicatif de l'OMC. (Léa Marchal)