Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’OTAN se réunissent, mardi 29 et mercredi 30 novembre, avec, une nouvelle fois, la guerre en Ukraine au cœur de leur débat.
Mardi, ils se pencheront ainsi sur l’aide supplémentaire qu’ils pourraient apporter à l’Ukraine. Selon l’ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Julianne Smith, les ministres devraient rappeler les mêmes messages que lors de leurs précédentes réunions, sur l’unité des Alliés, qui sont aux côtés de l’Ukraine.
En amont de la ministérielle, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a appelé à un soutien à Kiev. « Ce qui se passe à la table des négociations dépend de ce qui se passe sur le champ de bataille. Par conséquent, le meilleur moyen d'augmenter les chances d'une solution pacifique est de soutenir l'Ukraine », a-t-il souligné.
Selon lui, les ministres devraient convenir d'intensifier le soutien non létal. « Dans le cadre de notre programme global d'assistance, l'OTAN a livré du carburant, des fournitures médicales, des équipements pour l'hiver ainsi que des brouilleurs de drones », a rappelé le secrétaire général.
Les dernières attaques contre les infrastructures civiles ukrainiennes par la Russie devraient aussi être l'objet des discussions.
Lors d’un dîner, mardi soir, les Alliés s'entretiendront avec leur homologue ukrainien, Dmytro Kuleba, qui devrait les informer de la situation sur le terrain et faire le point sur les besoins de son pays. Les ministres devraient également discuter de leur soutien à plus long terme envers l’Ukraine.
Renforcer la résilience face à la Chine
Mercredi, les ministres discuteront de la Chine, des moyens de renforcer la résilience des alliés et des défis posés par Pékin. Ce débat sera le suivi des décisions prises par les dirigeants en juin, lors du sommet de Madrid, avec l’adoption du concept stratégique (EUROPE 12982/2).
« La Chine n'est pas un adversaire », a prévenu M. Stoltenberg. Cependant, le secrétaire général a rappelé que la Chine accélère sa modernisation militaire, « notamment avec des systèmes d'armes avancés, des missiles à longue portée, de nouvelles armes nucléaires ».
De plus, Pékin accroît sa présence de l'Arctique aux Balkans occidentaux, de l'espace au cyberespace, travaille de plus en plus étroitement avec la Russie et cherche à contrôler les infrastructures critiques des alliés de l'OTAN, a détaillé M Stoltenberg, qui a rappelé que la Chine ne partageait pas les valeurs des Alliés, « en violant les droits de l’homme ».
Alors que la guerre en Ukraine avait démontré la « dangereuse dépendance » des Alliés à l’égard du gaz russe, le secrétaire général a estimé que ces derniers devaient évaluer leurs dépendances à l'égard d'autres régimes autoritaires, notamment la Chine, « par exemple (sur) les minéraux de terres rares, les chaînes d'approvisionnement ».
« Nous devons gérer les risques, réduire nos vulnérabilités et accroître notre résilience », a-t-il résumé.
M. Stoltenberg a précisé qu’il fallait également travailler avec les partenaires de l'Asie-Pacifique, le Japon et la Corée du Sud, la Nouvelle-Zélande et l'Australie.
Renforcer la coopération avec les partenaires
Les ministres s’entretiendront également avec leurs homologues de Bosnie-Herzégovine, de Géorgie et de Moldavie, qui « sont confrontés à la pression russe de nombreuses manières différentes », selon M. Stoltenbeerg.
Lors de la réunion, les Alliés devraient prendre de nouvelles mesures pour aider ces pays à « protéger leur indépendance et à renforcer leur capacité à se défendre ».
Enfin, les ministres des Affaires étrangères seront rejoints par les ministres suédois et finlandais afin de faire un point sur l'adhésion future de leurs pays à l’OTAN.
La Turquie et la Hongrie n’ont toujours pas ratifié la décision.
« Il est temps de finaliser leur processus d'adhésion et de les accueillir en tant que membres à part entière de notre Alliance. Cela les rendra plus sûrs, l'OTAN plus forte et la région euroatlantique plus sûre », a rappelé M. Stoltenberg. (Camille-Cerise Gessant)