La Commission européenne devrait accélérer le pas en vue de mesures à court terme pour aider les agriculteurs à surmonter la crise des engrais, ont indiqué des responsables des coopératives et organisations agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), en marge d’une visite d’exploitation organisée lundi 28 novembre en Belgique pour sensibiliser la presse aux problèmes rencontrés par les exploitants.
Le prix des engrais a triplé (plus de 600 euros/tonne), alors que les prix des céréales ont légèrement augmenté, ont expliqué des représentants du Copa-Cogeca ainsi que les propriétaires d’une exploitation près de Wavre.
Les agriculteurs européens, surtout ceux du secteur des cultures arables, payent chaque année 1,6 milliard d’euros qui sont transférés à l’industrie des engrais, selon un représentant du Copa-Cogeca. Il a rappelé que le marché européen était protégé par un système de droits à l’importation. D’où la demande du Copa-Cogeca de suspendre les droits à l’importation sur les engrais azotés (ammoniac et urée), ce qui permettrait d’avoir un effet sur les prix et la disponibilité en engrais. Autre requête : étendre cette suspension des droits à l’importation à tous les engrais azotés et phosphatés. Le Copa-Cogeca ne comprend pas pourquoi la Commission refuse cette demande.
Le Copa-Cogeca préconise aussi des mesures pour « fluidifier le fonctionnement de la chaîne logistique des engrais » et fournir des flexibilités réglementaires. Cela signifie notamment une suspension de la mise en œuvre de la limite de cadmium située à 60 mg/kg pour les engrais phosphatés afin de permettre les livraisons en provenance de pays d’Afrique du Nord (Maroc) au lieu de la Russie, ainsi qu'une dérogation aux limites définies dans la ‘directive nitrates’ et la facilitation des règles administratives en matière d'importations.
De plus, le Copa-Cogeca demande à la Commission d’agir vite pour permettre d’utiliser les matières RENURE (azote récupéré à partir des effluents d'élevage). Le Copa-Cogeca souhaite, comme plusieurs ministres de l'Agriculture de l'UE, des dérogations pour ces produits « au cours des prochaines années » (EUROPE 13067/2). (Lionel Changeur)