L’avenir des lanceurs européens et du développement d'une constellation européenne à haut débit et sécurisée seront les deux points les plus politiques à trancher durant le Conseil ministériel triennal de l’Agence spatiale européenne (ESA), mardi 22 et mercredi 23 novembre à Paris.
« Nous avons un programme très ambitieux pour développer la future génération de fusées et de lanceurs. Tout d’abord, amener Ariane 6 sur le pas de tir et exploiter Ariane 6 et son héritage dans les années à venir. Et bien sûr, s’assurer que la prochaine génération sera une génération très compétitive », a déclaré en amont de la réunion le directeur général, Josef Aschbacher.
Selon nos informations et des chiffres de mi-octobre, le directeur général propose une enveloppe générale d’environ 18 milliards d’euros pour trois ans (de 2023 à 2027), dont 3,2 milliards d’euros pour les lanceurs, à savoir 1,7 milliard d’euros pour les familles Ariane et Vega, 800 millions pour préparer l’avenir, 120 millions pour ‘Space Rider’ (une navette réutilisable) et 590 millions d’euros pour l’infrastructure, qui iront principalement au Centre spatial guyanais de Kourou.
La question du lanceur Ariane 6 est particulièrement discutée par les États membres, nous a-t-on expliqué, étant donné son retard de plus de trois ans sur le programme initial (EUROPE 13038/26). L’Allemagne fait pression pour obtenir des avancées dans les résolutions de l’ESA concernant la possibilité pour les micro-lanceurs de lancer des missions de l’ESA, selon une source. Le lanceur Vega est également source de tension, nous a expliqué cette même source, avec les velléités d’Avio, l’entreprise aérospatiale responsable du développement de Vega, de s’émanciper d’Arianespace, qui s’occupe de commercialiser les Vega.
De plus, Avio reproche à ArianeGroup (qui possède l’opérateur Arianespace) de développer le lanceur Maïa, qui risque, à terme, de devenir un concurrent direct du lanceur italien Vega-C, nous a expliqué une source.
L’autre grand point des discussions portera sur les 750 millions d’euros pour le projet de constellation, proposés par le directeur général (EUROPE 13038/11), qui devrait venir consolider le projet de constellation européen agréé entre les colégislateurs de l’UE (EUROPE 13065/1). Ici, les discussions porteront notamment sur la question de la gouvernance de l’ESA pour garantir la totale souveraineté de l’UE sur ce programme, étant donné que les membres de l’ESA ne sont pas les mêmes que ceux de l’UE. C’est un sujet très sensible pour les programmes comportant un volet 'sécurité et défense' (EUROPE 13063/18).
Une nouvelle équipe d’astronautes
Le Conseil ministériel abordera bien d’autres questions et programmes, notamment liés à la commercialisation, l’observation terrestre, la sécurité spatiale, l’exploration robotique et humaine, la navigation, les questions scientifiques en général, technologiques et d’ingénierie. Mercredi, le Conseil ministériel se terminera sur l’annonce des astronautes sélectionnés pour la classe 2022. (Pascal Hansens)