La Commission européenne prépare une initiative sur la transition énergétique dans le secteur de la pêche et de l'aquaculture de l'UE, a indiqué, lundi 21 novembre, le commissaire aux Océans et à la Pêche, Virginijus Sinkevičius.
L’objectif sera de renforcer la résilience du secteur en réduisant la dépendance à l'égard des combustibles fossiles (efficacité énergétique) et grâce à des sources d'énergie propre et renouvelable.
Devant les ministres européens, le commissaire a indiqué que cette initiative aurait quatre grands objectifs : - engager un dialogue entre parties prenantes (entreprises, autorités, pêcheurs, ONG…) ; - travailler sur les failles qui existent en matière de technologies ; - prévoir suffisamment de financements ; - assurer une main-d’œuvre qualifiée en matière de transition énergétique. La proposition sera faite très prochainement, a précisé M. Sinkevičius.
L’Italie a prévu une réduction des émissions de CO2 des navires de pêche et un accompagnement du secteur dans cette transition.
Le ministre espagnol, Luis Planas, a soutenu cette initiative annoncée en se montrant favorable à de nouveaux systèmes de propulsion, à davantage d’efficacité énergétique et à de nouveaux navires de pêche. M. Planas a plaidé pour une réforme de la politique commune de la pêche allant dans ce sens et prévoit un débat en juillet 2023 sur ce thème, sous la Présidence semestrielle espagnole de l’UE.
L’Allemagne a estimé que la pêche devait se lancer dans une transition verte. Les Pays-Bas ont noté que le règlement sur le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l'aquaculture (FEAMPA) avait ses limites.
« Les règles de la PCP actuelle ne sont pas à la hauteur de ces enjeux. Pire, elles constituent des obstacles à la décarbonation », a estimé la France. Il faut moderniser les règles sur les jauges et les puissances (moteurs et navires). Les outils de la PCP doivent être « réévalués », a conclu Hervé Berville, secrétaire d'État responsable de la Mer. (Lionel Changeur)