Le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, a certes qualifié l'invasion russe de l'Ukraine comme « le problème le plus pressant et immédiat » de l'Union européenne, lundi 19 septembre à New York, à l'issue d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères destinée à coordonner les messages de l'UE lors de l'Assemblée générale des Nations Unies (UNGA). Mais, a-t-il assuré, « pour nous, la question n'est pas de choisir entre l'Ukraine et les autres » crises, l'UNGA étant l'opportunité pour l'UE de réaffirmer son apport en matière de « sécurité, stabilité et solidarité » dans le monde.
M. Borrell œuvrera à New York pour contredire la désinformation russe, qui rejette la responsabilité de la flambée des prix sur les sanctions de l'UE à son égard. « Nous pouvons dire que la guerre affecte tout un chacun dans le monde », a-t-il indiqué, et « nous continuerons à expliquer à nos partenaires en Asie, en Afrique, en Amérique latine, qui est le vrai coupable de l'instabilité croissante, des crises énergétique et alimentaire ».
Le Haut Représentant a évoqué l'accord sous l'égide de l'ONU, qui a permis de débloquer les exportations agricoles ukrainiennes et grâce auquel les prix mondiaux alimentaires ont commencé à baisser. « Regardez les statistiques : deux tiers des exportations ukrainiennes ont été dirigés vers l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Asie. Donc, ce que dit M. Poutine est faux », a-t-il souligné. Il a réitéré que les sanctions européennes, qui s'appliquent uniquement sur le territoire de l'UE, visent « l'économie de guerre russe, pas l'alimentation ni l'agriculture ». « Aucune de nos sanctions ne vise le commerce de fertilisants entre les pays tiers et la Russie. Même nous, nous continuons d'importer des fertilisants de la Russie, avec une limite », a-t-il relevé.
Mardi, à New York, s'est tenu un sommet global sur la sécurité alimentaire coorganisé notamment par l'UE et l'Espagne, au cours duquel des promesses de dons devaient être annoncées. M. Borrell a prédit que l'ONU déclarerait l'état d'urgence alimentaire dans des pays comme la Somalie, où il vient de se rendre.
Ukraine. Sur l'assistance spécifique à l'Ukraine, le chef de la diplomatie européenne s'est félicité que tous les États membres se soient engagés à « continuer d'aider l'Ukraine à se défendre par elle-même ». À ce titre, l'UE aura à nouveau recours à la 'Facilité européenne pour la paix' pour financer la fourniture d'armes. M. Borrell a aussi espéré que le Conseil 'Affaires étrangères' sera en mesure de décider formellement, en octobre, de déployer une mission européenne de formation militaire en Ukraine (EUROPE 13010/1). (Mathieu Bion)