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Bulletin Quotidien Europe N° 13020
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Avenir de l'ue

Sanna Marin souligne l'importance de « l'autonomie stratégique » de l'Europe

La Première ministre finlandaise, Sanna Marin, a estimé que « le débat sur l'autonomie stratégique de l'Europe », en tant que capacité des Européens à faire face aux défis extérieurs et à préserver le fonctionnement de leurs sociétés, était « l'une des discussions les plus importantes actuellement », mardi 13 septembre à Strasbourg, lors d'un discours dans l'hémicycle du Parlement européen.

Notant à quel point la pandémie de Covid-19 et l'invasion russe de l'Ukraine avaient montré que l'Union européenne est « vulnérable » vis-à-vis des fournisseurs extérieurs de matériel sanitaire ou de produits énergétiques, Mme Marin a exhorté ses partenaires à ne pas répéter les mêmes erreurs dans la course technologique. « Nous ne pouvons pas compter sur les pays autoritaires dans le développement de technologies critiques ou dans les chaînes de production. Avec nos partenaires démocratiques, l'Europe doit renforcer ses capacités technologiques », a-t-elle souligné.

Sur la réponse européenne au chantage à l'énergie que déploie la Russie pour miner l'unité des Européens, la Première ministre a estimé qu'il fallait « tout faire » pour que les citoyens et les entreprises puissent s'en sortir cet hiver, si nécessaire par le biais de « mesures exceptionnelles ».

À court terme, a-t-elle préconisé, il convient de sécuriser l'approvisionnement énergétique et de faire baisser les prix, la Commission européenne étant invitée à présenter des propositions qui permettent une intervention rapide sur la fixation des prix de l'électricité, notamment en affrontant la spéculation sur les marchés des dérivés financiers de produits énergétiques.

« À moyen et long terme, la seule façon de sortir de la crise énergétique est d'investir lourdement dans la production d'énergies renouvelables et 'zéro émission', dans l'interconnexion européenne des réseaux et dans les technologies de stockage », a considéré Mme Marin, pour qui l'UE paie aujourd'hui le prix de sa dépendance vis-à-vis des énergies fossiles russes. Elle a plaidé pour que le paquet climatique 'Fit for 55', qui fait l'objet de négociations interinstitutionnelles, conserve son niveau d'ambition.

Surtout, a souligné la dirigeante politique, « l'Europe a besoin plus que jamais d'unité ». Et d'ajouter : « Faire du chantage à nos sociétés par le biais de l'approvisionnement énergétique est un moyen d'éroder le soutien européen à l'Ukraine et de briser notre unité. Poutine ne doit pas y parvenir ».

Aider l'Ukraine à gagner la guerre. Pour la sociale-démocrate finlandaise, en témoigne la récente contre-offensive ayant permis à l'armée ukrainienne de reprendre des territoires dans la région de Kharkiv, « l'Ukraine va gagner, avec notre soutien, la guerre » qu'a provoquée la Russie.

 Elle a prôné la poursuite de l'aide dont l'Ukraine a besoin, « sous toutes ses formes ». Et l'UE doit se tenir prête à infliger « des sanctions encore plus strictes » à la Russie, notamment en suspendant totalement l'accord bilatéral de facilitation de l'octroi de visas aux citoyens russes souhaitant entrer dans l'UE (EUROPE 13018/10 et 13018/11).

« Plus l'impact des sanctions sera fort, plus il sera coûteux pour la Russie de continuer la guerre », a estimé la dirigeante politique.

L'invasion russe de l'Ukraine a provoqué la demande d'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'OTAN (EUROPE 12986/23). Cette adhésion, dont le processus doit encore être ratifié par tous les pays membres de l'Alliance, « renforcera la sécurité en Europe du Nord », a estimé Mme Marin. Devant la presse, interrogée sur les termes de l'accord passé avec la Turquie en termes d'extradition d'opposants turcs, elle a indiqué n'avoir aucune information selon laquelle le processus engagé n'irait pas à son terme.

Sur l'avenir de l'UE, Mme Marin s'est dite favorable à l'élargissement de l'Union à « tout pays européen » qui en respecte les valeurs démocratiques et entreprend les réformes requises. Ainsi, « la place de l'Ukraine est dans l'UE », a-t-elle considéré, tout en prévenant que la voie de l'adhésion à l'UE n'était « ni courte ni rapide ». « Il s'agit de la liberté de chaque État de décider de son avenir et de sa place dans le monde. C'est précisément à ce principe fondamental que la Russie s'attaque aujourd'hui », a-t-elle ajouté.

Frilosité quant à un changement de traité. Par ailleurs, la Première ministre finlandaise a estimé que la situation actuelle ne constitue « pas le bon moment pour ouvrir le débat sur les traités » européens, en référence à la position du Parlement européen et aux propositions de la Conférence sur l'avenir de l'Europe. Selon elle, le cadre actuel permet déjà d'avancer, notamment en permettant aux États membres de décider à la majorité qualifiée dans le domaine des affaires étrangères et de la politique de sécurité.

Enfin, elle a rappelé l'importance de disposer de règles budgétaires qui garantissent des finances publiques saines, notamment par la réduction de la dette publique excessive. Et elle a souligné que le plan Next Generation EU, à travers lequel l'UE s'endette pour contribuer à financer la reprise économique des pays membres, devait constituer une expérience « unique » ('one-off solution') pour relancer l'économie affectée par la pandémie.

Voir le discours de Mme Marin : https://aeur.eu/f/31k (Mathieu Bion)

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