La réunion « en mode gestion de crise » organisée jeudi 18 août à Bruxelles par le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, entre le président serbe, Aleksandar Vučić, et le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, n’a pas permis d’apaiser les tensions des dernières semaines entre les deux pays concernant l’utilisation au Kosovo des plaques d’immatriculation serbes et les documents d'entrée/sortie pour les personnes voyageant entre le Kosovo et la Serbie.
Dimanche 21 août, le président serbe a exhorté les troupes de l’OTAN à « faire leur travail » au Kosovo, prévenant que si cela n’était pas le cas, son pays prendrait des mesures pour protéger sa minorité.
Jeudi, à l’issue d’une rencontre à Bruxelles, le Haut Représentant avait annoncé qu’aucun accord n’avait été trouvé, mais que les deux dirigeants avaient convenu que le processus devait se poursuivre et que les discussions reprendraient dans les prochains jours. « Nous avons convenu que nous devons continuer à travailler ensemble, d'une manière politiquement intelligente et responsable, en recherchant une solution globale et mutuellement acceptable dans une situation qui crée de l'insécurité et de l'instabilité avant tout pour les citoyens de la région, mais aussi pour l'Europe dans son ensemble », a ajouté M. Borrell.
Selon le chef de la diplomatie européenne, les tensions actuelles sur le terrain sont des symptômes de la question plus large du statut non résolu des relations entre Belgrade et Pristina. « Il est temps de chercher des solutions et de résoudre les questions en suspens depuis longtemps », a souligné M. Borrell, reconnaissant les différences « bien connues » entre les dirigeants de chaque pays quant à leur point de vue sur le statut final des relations entre le Kosovo et la Serbie. « Mais (les dirigeants) ont convenu de poursuivre les discussions sur une base régulière au cours de la période à venir afin de faire avancer rapidement le processus de normalisation », a-t-il ajouté, précisant qu’il en ferait une priorité de son agenda.
Il a prévenu que les parties seront pleinement responsables de toute escalade sur le terrain.
Le 17 août, lors de rencontres séparées avec les deux dirigeants serbe et kosovar, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avait lui aussi appelé à éviter une escalade des tensions. Il avait expliqué que la mission de maintien de la paix KFOR, dirigée par l’OTAN et qui compte plus de 3 700 soldats, était prête à intervenir si la stabilité est mise en danger. « Notre commandant est en contact à la fois avec les organisations de sécurité du Kosovo et avec le chef de la défense serbe », avait-il précisé. (Camille-Cerise Gessant)