Les ministres de l’UE chargés des questions spatiales ont insisté sur l’importance de prendre en compte les PME et les start-up et de renforcer la coopération internationale avec l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Organisation des Nations unies (ONU), lors d’un échange sur la résilience et la compétitivité au Conseil ‘Compétitivité’ en fin d’après-midi, vendredi 10 juin.
Une majorité de ministres (Luxembourg, Espagne, Suède, Finlande, Pays-Bas, Belgique, Roumanie, Lituanie, Bulgarie, Estonie, entre autres) ont insisté sur le rôle clé que doit jouer le secteur privé, notamment dans le cadre du projet de constellation ‘connectivité sécurisée’ (EUROPE 12968/13).
Pour certains, les start-up et les PME peuvent dynamiser le secteur spatial, à l’image du ‘New Space’ américain, notamment dans le développement des technologies de rupture. Plusieurs ont souligné à ce titre le rôle de l’initiative européenne Cassini, comme l’Espagne et les Pays-Bas. Chypre a même suggéré son renforcement.
Plusieurs États membres ont évidemment insisté sur le respect des principes de concurrence et la nécessité d’éviter les distorsions du marché, à l’instar de la Suède. À ce titre, la question de l’ouverture du marché a été abordée encore une fois par la Suède, mais aussi par l’Irlande, qui a proposé de rester ouvert aux acteurs de pays tiers pour les technologies non critiques.
Sur la scène internationale, la nécessité de renforcer la coopération avec l’Agence spatiale européenne (ESA) a été soulignée à de très nombreuses reprises, notamment par la Croatie, le Luxembourg, l’Autriche, la Hongrie et l’Allemagne. Plusieurs délégations ont mis en exergue le rôle de l’ONU pour élaborer les normes encadrant la gestion du trafic spatial.
Concernant la connectivité sécurisée, les questions liées à la cyber-résilience et la technologie quantique ont été citées plusieurs fois. Sur le budget, plusieurs délégations ont insisté pour que le financement de la constellation ne se fasse pas au détriment de programmes existants, comme Copernicus et Galileo. Plusieurs ministres ont insisté sur l’importance d’éviter les doublons et sur la dimension de complémentarité du futur programme.
La Commission européenne, par la voix du directeur général de la DG DEFIS, Timo Pesonen, a assuré que la connectivité sécurisée prévoyait un quota pour les PME, que la coopération avec l’ESA était étroite et constante, et enfin, que l’action de l’UE dans le domaine de la gestion du trafic spatial se déployait aussi dans les enceintes onusiennes idoines.
Copernicus 2035 et STM. Le même jour, les États membres ont adopté deux jeux de conclusions, l’un portant sur l’avenir du programme d’observation terrestre Copernicus 2035 (EUROPE 12958/13) et sur la feuille de route sur la gestion du trafic spatial (EUROPE 12958/24).
Retard sur la mise en œuvre des nouveaux lanceurs européens. Durant son intervention devant les ministres, le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, a exprimé un certain agacement face au retard dans la mise en œuvre des lanceurs européens (EUROPE 12592/34). « Il est absolument indispensable que les entreprises qui travaillent dans le sens de l’intérêt général, nos fournisseurs, n’aient plus de retard ! On ne pourra plus l’accepter », a-t-il lancé.
Un nom pour la constellation ‘connectivité sécurisée’. En marge du Conseil, la Commission européenne a lancé ce jour un concours pour attribuer un nom à la future constellation. Le délai a été fixé au 31 juillet. (Pascal Hansens)